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Unanimes à dénoncer les conditions "inacceptables" de détention de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, les ministres européens des Affaires étrangères ont affiché lundi à Bruxelles des divergences sur l'opportunité d'un boycott de l'Euro-2012 de football en Ukraine.
Alors que l'UE réclame depuis plusieurs mois la libération de l'ex-Première ministre et dénonce une justice sélective à son égard, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et l'ensemble de ses commissaires ont annoncé qu'ils boycotteraient les matches de l'Euro-2012 en Ukraine.
Le président de l'UE Herman Van Rompuy a lui aussi indiqué qu'il n'avait pas l'intention d'y aller. La chancelière allemande Angela Merkel a menacé d'en faire de même, et son ministre en charge du développement, Dirk Niebel, a d'ores et déjà annoncé qu'il boycotterait la compétition.
La Haute Représentante de l'UE aux Affaires étrangères, Catherine Ashton, a indiqué lundi "pleinement" soutenir cette position. Mais "bien sûr, nous avons besoin d'en discuter avec la Pologne", co-organisatrice du championnat avec l'Ukraine et opposée à un tel boycott, a-t-elle relevé.
"Personnellement, je n'ai pas le projet de m'y rendre", a annoncé le chef de la diplomatie britannique William Hague, tout en précisant que son gouvernement allait "continuer à étudier" quelle position adopter pour ses différents ministres.
L'Italie incertaine
La décision de boycotter le championnat est du ressort de l'UEFA, a relevé quant à lui le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn, avant d'ajouter qu'il était "possible de jouer du bon football sans que trop de ministres soient présents".
Certains sont encore indécis, comme le ministre italien Giulio Terzi qui a dit que son gouvernement n'avait pas encore pris de "décision politique" à propos d'une participation à l'Euro-2012. D'autres sont franchement sceptiques.
Le Suédois Carl Bildt a ainsi confié avoir "du mal à considérer que la participation ou la non participation à des matches de football soit le principal instrument de la politique européenne". "Je pense que nous avons des instruments nettement plus forts et que nous devrions y avoir recours", a-t-il précisé, en allusion notamment à l'accord d'association, qui comprend un important volet commercial, que l'UE a fini de négocier avec Kiev mais qu'elle se refuse pour le moment à signer.
"Aux dirigeants ukrainiens de décider"
Il y aura notamment des élections législatives à l'automne, a relevé M. Bildt. "A cette occasion nous allons regarder avec beaucoup d'attention la façon dont ce scrutin sera organisé. Ce sera extrêmement important. Alors nous pourrons voir si nous pouvons avancer avec l'Ukraine ou pas", a-t-il souligné, en référence à l'accord.
"Au bout du compte, c'est aux dirigeants ukrainiens de décider s'ils veulent conduire leur pays sur la voie de la Pologne (qui avait rapidement signé un accord d'association avec l'UE au début des années 1990, avant de rejoindre le bloc en 2004) ou sur la voie du Bélarus", ce régime autoritaire régulièrement sanctionné par l'UE, a relevé M. Bildt.
Dans l'attente, le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov est attendu mardi et mercredi à Bruxelles où il doit participer à un "Conseil de coopération" avec l'Union européenne et à une table ronde au Parlement européen. Mais il ne rencontrera ni M. Van Rompuy, ni M. Barroso, qui ont décidé de ne pas s'afficher avec lui, selon des sources diplomatiques.



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