Raùl Ruiz est mort juste avant de débuter le tournage des Lignes de Wellington. Sa compagne, Valeria Sarmentio, a repris le travail en cours de route. Le film est présenté à Venise aujourd'hui.
Raùl Ruiz est mort à l'âge de 70 ans tandis qu'il travaillait sur le film d'époque, Les lignes de Wellington. Cette épopée napoléonienne de 1810 raconte l'histoire des troupes françaises luttant contre les Anglais et les Portugais, commandés par le duc de Wellington. Celui-ci avait fait créer un système de fortifications redoutable, les lignes dites de Torres Vedras, construites en secrètes pour repousser les envahisseurs français. Le duc de Wellington pratiquant la politique de la terre brûlée, pour piéger l'ennemi et l'amener là où il le désirait, il a contraint de nombreux Portugais et Britanniques à quitter leur foyer. Pauvres, bourgeois, vieux, jeunes, familles nombreuses ou gamins solitaires, ils ont pris la route dans le désordre, priant pour leur survie.
Voilà l'histoire des Lignes de Wellington. Cette fresque épique s'intéresse à l'intimité des déplacés, aux solidarités étonnantes qui se nouent dans l'adversité, aux amitiés et amours qui tiennent le coup ou non en ces temps difficiles.
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Ce film a un casting étonnant et étoilé: on y croise Catherine Deneuve, Michel Piccoli et Isabelle Huppert le temps d'un dîner mémorable, Vincent Perez tente désespérement de faire le portrait de Wellington, joué par un John Malkovich égocentrique à souhait, mais il y a aussi Mathieu Amalric, Marisa Parades ou encore Melvil Poupaud.
Les femmes sont au centre du récit: il y a Maureen, qui a perdu son jeune mari au combat et qui se fait courtiser par l'ami de ce dernier, qui l'a vu mourir au front, une jeune effrontée Anglaise qui fait chavirer les coeurs, une épouse qui disparaît et laisse son mari sans le prévenir pour se trouver un homme plus riche, haut gradé, qui la sauvera de la misère ambiante, cette autre qui, violée par les troupes ennemies, entend bien se venger...
Les scènes de combat sont peu nombreuses, c'est étonnant dans un film de ce genre, bien qu'agréable. L'image est jolie, l'ambiance de l'époque parfaitement rendue et il y a une douceur inattendue dans les échanges des déportés. La guerre affaiblit même les coeurs les plus durs. Mais on regrettera la longueur des Lignes de Wellington: une bonne poignée de spectateurs, ce matin, n'ont pas tenu les 2h30 d'histoire et ont été quitté la salle en cours de route.
Le producteur a annoncé plus tard que ce film sera décliné en série télévisée avec 45 minutes de plus à son actif. Si c'est découpé, ça peut passer tout seul. D'une traite, au ciné, c'est un peu longuet.



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