Brian De Palma nous propose un thriller intense et érotique au style vieillot.
On nous l'avait promis: le dernier jour des projections de la Mostra devait nous amener de la tension, du sang, du sexe. Avant même sa diffusion, Passion de Brian De Palma était comparé à Basic Instinct. Et effectivement, il y a un peu de ça...
Isabelle et Christine se connaissent bien: elles travaillent ensemble, s'entendent bien et partagent aussi le même homme (mais ça, Christine n'est pas censé le savoir: elle est l'officielle, Isabelle la maîtresse). Le jour où Christine prend à son compte la formidable idée qu'Isabelle a eu pour une nouvelle campagne de pub, leurs rapports dégénèrent.
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Avec Passion, De Palma nous offre un remake du film d'Alain Corneau, Crime d'amour sorti en 2010 avec Kristin Scott Thomas et Ludivine Seigner dans les rôles titres. Passion est un thriller érotique qui mélange manipulation, obsession, attirance sexuelle et vengeance.
Le duo blonde-brune formée par Rachel McAdams (qui a plus de consistance que dans le dernier Terrence Malick) et Noomi Rapace fonctionne bien. Elles sont aux antipodes l'une de l'autre. Quoique... Christine la garce pleine d'assurance ne dit-elle pas à Isabelle la mystérieuse au début du film qu'elle est "bien plus proche d'elle qu'elle ne le pense"? Voilà qui nous donne un indice de la suite de leurs échanges. Les apparences sont souvent trompeuses.
De Palma entretient le suspense jusque dans les toutes dernières secondes du film, accuse l'une d'avoir commis le pire, puis l'autre. Les personnages secondaires amènent leur lot d'intrigues aussi et on sent tout de suite que la secrétaire dévouée (rousse, elle, pour que le tableau soit complet) n'est pas toute blanche. Le réalisateur mélange la réalité et les rêves, tellement, qu'à la fin, on s'y perd un peu. On ne sait plus très bien ce qui est un cauchemar ou ce qui se passe vraiment. C'est évidemment l'effet escompté.
Est-ce que c'est bien? Disons que ça a le mérite de nous garder bien éveillé jusqu'au bout. L'intrigue est prenante et comme dans un bon Harlan Coben, on a envie de savoir qui est le vrai vilain dans l'histoire. Il y a aussi quelques bonnes idées cinématographiques. Reste que la musique assourdissante et permanente et certains effets de caméra nous renvoient directement vingt ans en arrière. En 1992 donc. Soit l'année de sortie de Basic Instinct. D'où la comparaison?



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