"La suspension de la licence de FN ne peut faire jurisprudence"
La CSC Métal déplore l'arrêt du Conseil d'Etat qui suspend la licence d'exportation d'armes vers la Libye accordée à la FN, a indiqué vendredi le secrétaire principal du syndicat, Gabriel Smal. Selon lui, la décision risque d'être lourde de conséquences pour l'entreprise et pour ses travailleurs. Il espère qu'elle ne fera pas jurisprudence.
"Si cet arrêt faisait jurisprudence, ce serait dramatique pour l'avenir de la FN Herstal et l'emploi", a souligné M. Smal.
L'arrêt rendu par le Conseil d'Etat porte en effet sur un contrat d'environ 12,18 millions d'euros, déjà partiellement exécuté. Mais un autre contrat plus important avec la Libye, portant sur quelque 110 millions d'euros, pourrait être soumis au gouvernement wallon pour obtenir une licence d'exportation. "Au total, 400 emplois sont en jeu", a affirmé le syndicaliste.
M. Smal en appelle à la Région wallonne et en particulier au ministre-président, Rudy Demotte, qui a octroyé le licence le 8 juin, au lendemain des élections. "Le ministre-président nous avait assuré que toutes les garanties avaient été prises pour que cette décision rendue en affaires courantes ne pose pas de problème. Nous demandons qu'il prenne ses responsabilités à bref délai", a-t-il dit, sans donner d'autre précision.
M. Smal insiste également sur la destination des armes qui ont été exportées. "Il n'y pas lieu d'opposer l'éthique et l'activité économique, c'est trop léger. On sait ce que fait la FN mais les armes ne servent pas seulement à tuer mais d'abord à protéger des vies humaines. Dans ce cas-ci, elles étaient destinées à sécuriser l'acheminement de convois alimentaires vers le Darfour", a-t-il souligné. (belga/acx)