Pour un bannissement des familles d'auteurs d'attentats

La police israélienne était toujours en état d'alerte dimanche alors que l'armée prolongeait d'au moins 24 heures le bouclage total de la Cisjordanie, trois jours après un attentat meurtrier dans une école talmudique de Jérusalem-ouest.

Bannissement
De son côté le vice-Premier ministre israélien, Eli Yishaï, a proposé dimanche le bannissement de familles d'auteurs d'attentats suite à la mort de huit élèves de cette institution religieuse, la Yeshiva du Mercaz Harav, tués par un Palestinien de Jérusalem-est.

"Il faut que toute personne ayant une carte de résident sache que sa famille pourrait perdre son droit de résidence (à Jérusalem-est) et que sa maison pourrait être détruite" si elle commet un attentat, a déclaré à l'ouverture du Conseil hebdomadaire M. Yishaï, qui est aussi ministre du Commerce et de l'Industrie. "Si c'est nécessaire, il faudra changer la loi", a poursuivi le chef du parti ultra-orthodoxe Shass, s'exprimant devant la presse.

Permis de résidence
Les quelque 200.000 Palestiniens de Jérusalem-est, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, disposent de permis de résidence leur permettant de se rendre librement en tout lieu en Israël sans être pour autant des ressortissants israéliens. De son côté, le Premier ministre Ehud Olmert a estimé que l'auteur de l'attentat "savait pertinemment qu'en attaquant la Yeshiva du Mercaz Harav, il s'attaquait à un symbole du sionisme religieux".

La veille, il avait estimé "qu'il y a un lien direct entre les tirs de roquettes et l'attentat", soulignant que, dans les deux cas, "les terroristes, qu'ils appartiennent au Hamas ou à une autre organisation, ont pour but de nous rendre la vie intolérable. Mais ils n'y parviendront pas". "La police maintient son état d'alerte, particulièrement à Jérusalem. Des milliers de policiers ont été déployés" pour faire face à toute éventualité, a déclaré auparavant un responsable de la police, le commandant Yoram Ohayoun, à la radio militaire.

Etat d'alerte
"Nous ne disposons pas d'informations sur des préparatifs d'attentat spécifiques mais nous devons prendre en considération le risque que l'attentat (de Jérusalem) augmente la motivation à commettre d'autres actions terroristes", a-t-il ajouté. "La police s'est mise après l'attentat au niveau d'alerte C, qui est le plus haut niveau avant le niveau D d'alerte maximale", a déclaré le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Le tireur, Alaa Hicham Abou Dheim, employé d'une entreprise de transports de la ville, a tué à bout portant les huit élèves de la Yeshiva avant d'être abattu à son tour par un officier de réserve. "Selon les premiers éléments de l'enquête, le meurtrier a agi seul et a préparé seul l'attentat, mais il pourrait avoir été en contact avec une organisation terroriste qui lui aurait fourni le fusil automatique dont il s'est servi", a ajouté le porte-parole.

Il a confirmé que la police avait arrêté "huit personnes proches du tireur sous le soupçon de complicité" et fait retirer une bannière verte du mouvement islamiste Hamas et une autre, jaune, du Hezbollah libanais, qui avaient été accrochées à la maison de l'auteur de l'attentat, à Jérusalem-est, où la famille recevait des condoléances. Une porte-parole militaire a par ailleurs indiqué que le bouclage strict de la Cisjordanie instauré après l'attentat a été prolongé au moins jusqu'à lundi matin.

Le Mercaz Harav est un haut lieu du nationalisme religieux en Israël. C'est en son sein qu'est né après la guerre des Six jours de 1967 le mouvement du Bloc de la Foi, le Goush Emounim, fer de lance de la colonisation juive en Cisjordanie occupée. Les négociations de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne, suspendues à la suite d'une opération particulièrement meurtrière de l'armée israélienne à Gaza, devraient néanmoins reprendre la semaine prochaine, apprend-on samedi auprès des parties.

Négociations
Les négociations "sont censées reprendre au cours de la semaine prochaine", a déclaré un haut responsable israélien qui a requis l'anonymat. "Nous avons toujours dit que ces négociations devaient continuer, car nous faisons la différence entre les terroristes du Hamas et les Palestiniens modérés de l'Autorité", a-t-il ajouté.

Un haut responsable de l'Autorité palestinienne, qui a aussi souhaité l'anonymat, a précisé pour sa part que la "reprise des négociations est prévue pour mercredi prochain". Le président palestinien Mahmoud Abbas a confirmé mercredi qu'il avait "l'intention" de reprendre les négociations de paix avec Israël. (afp/7sur)

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