Mélanie, à gauche, lors de l'enterrement de ses parents.
Stéphane Labeau.
La fille de la victime a déclaré ne plus avoir de souvenirs, devant la cour d'assises du Hainaut où se tient le procès de Stéphane Labeau, né en 1979, accusé de l'assassinat de Christian Duquene et de son épouse Rita Wallecam, le 10 mars 2001 à Roisin (Honnelles).
Menace
Le couple d'agriculteurs avait été retrouvé abattu, caché dans un tas de fumier. Mélanie D. a ponctué son témoignage de sanglots. "Je ne me souviens de rien du tout. C'est dur de vivre avec ça", déclare le témoin. Lorsque le président lui fait remarquer qu'elle a fourni plusieurs versions aux enquêteurs, le témoin affirme avoir agi sous la menace. "Stéphane Labeau menaçait de me tuer", affirme Mélanie D.
Culot et aplomb
Dans le but de rafraîchir la mémoire de la jeune femme, le président a
lu plusieurs conversations téléphoniques enregistrées peu après les faits. "A ce moment-là, vous aviez du culot et de l'aplomb", signale le président qui a invité le témoin à venir redéposer au cours des prochaines journées.
Interrogé par le président Jean-Francis Jonckeere, l'accusé, qui avait 21 ans au moment des faits, a nié toute participation à la commission de l'homicide. "Je ne sais rien du tout, dit-il en ajoutant que s'il a menti aux inspecteurs lors des premières auditions, c'était dans le but de cacher sa relation avec la fille des victimes, Mélanie D., alors âgée de 14 ans. Le président a rappelé que plusieurs mensonges ne portaient pas sur sa relation et a enjoint l'accusé à réfléchir sur ses dires d'autant que celui-ci aurait précédemment déclaré qu'il aurait des vérités à dire lorsqu'il serait à la cour d'assises.
Maria H., la mère de Christian Duquene a expliqué que lorsqu'elle
avait appris la disparition de son fils et sa belle-fille, elle était allée s'installer à la ferme. "Stéphane Labeau et Bernard W., l'oncle de Mélanie D., y régnaient en maître. Ils étaient menaçants", déclare le
témoin. Me Bouchat, conseil de l'accusé, a précisé que si son client était présent sur l'exploitation agricole, c'était à la demande de Maria H., pour gérer le cheptel. "On reproche à Stéphane Labeau d'avoir été menaçant, mais si c'était le cas, pourquoi lui demander de rester
dormir?", demande l'avocat.
Antécédents familiaux
La méfiance envers la police de la famille de la victime a été évoquée. Les membres de celle-ci n'auraient pas prévenu les enquêteurs de
la mort de leur fille Rita Wallecam car ils avaient des antécédents
familiaux (bagarres, coups de fourche, violences...) qui avaient entraîné des démêlés avec les forces de l'ordre. La journée de mardi sera consacrée aux enquêteurs. (belga)


