Roisin: 6 personnes savaient où étaient cachées les victimes

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Par: rédaction
22/09/09 - 15h23

Six personnes savaient que les victimes étaient dissimulées dans le fumier, ont indiqué mardi les enquêteurs entendus mardi devant la cour d'assises du Hainaut, qui juge Stéphane Labeau pour l'assassinat de Christian Duquene et de son épouse Rita Wallecam, le 10 mars 2001 à Roisin (Honnelles).
 
Le juge d'instruction, Alain Blondiaux, a effectué une présentation d'ensemble de l'enquête en mettant en exergue les difficultés de celle-ci, inhérentes aux démarches et procédures transfrontalières et à la complexité des faits: "Des déclarations incohérentes qui nous ont amené à chercher dans un premier temps des disparus et non des personnes décédées", a expliqué le juge d'instruction.
 
Il a ajouté que lorsqu'une personne est inculpée en Belgique, elle ne peut plus être entendue que dans notre pays. L'accusé et Mélanie D. ont parfois refusé de traverser la frontière pour être auditionné.
La première fouille de l'exploitation agricole s'étant révélée infructueuse, une seconde a été entreprise un mois plus tard sur base des déclarations de Mélanie D. et de son oncle. Effectuée de manière plus approfondie par la DIV -service d'identification des victimes- à l'aide d'un nouveau dispositif, celle-ci à mis au jour les corps des deux victimes.
 
"Ils étaient enfuis au fond du fumier, endroit difficile d'accès, d'autant que la ferme était très mal entretenue", a-t-il dit. Les victimes avaient un pied dénudé. Elles auraient été liées par une corde pour permettre leur transport. Si lors de la première recherche, Mélanie D. a manifesté son mécontentement pour le tas de fumier qui avait été déplacé, lors de la découverte des corps, l'inspecteur a confirmé qu'elle n'aurait manifesté aucune émotion. Mélanie D. se serait écrié: "Pour papa c'est mérité, pour maman c'est malheureux".
 
L'arrestation de Stéphane Labeau a eu lieu suite, entre autres, aux accusations portées à son encontre par Mélanie D. et Bernard W. et aux devoirs de téléphonie contradictoires à ses déclarations. Celle de Bernard W. survient suite à une série d'incohérences dans ses déclarations et à son attitude: "Il s'était emparé de trois caisses de comptabilité de la ferme le jour de l'homicide et affichait l'intention de gérer et reprendre l'exploitation avec l'assistance de sa nièce et de Stéphane Labeau", a précisé un enquêteur.
 
A la requête de Me Bouchat, conseil de l'accusé, le dossier concernant les nombreux antécédents judiciaires des familles sera joint au dossier actuel et mis à la disposition des membres du jury. "Ce dossier pourrait permettre aux jurés de puiser des éléments qui permettront d'apprécier les personnalités de chacun", affirme l'avocat. (belga/mb)

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