Stéphane Labeau, qui ne s'est pas présenté mercredi matin devant la cour d'assises du Hainaut devant laquelle il est jugé pour l'assassinat de Christian Duquene et de son épouse Rita Wallecam, le 10 mars 2001 à Roisin, a été interpellé par le service d'ordre français. Son état psychologique a nécessité une hospitalisation en section psychiatrique à Valenciennes.
La procédure qui s'est déroulée par défaut depuis l'annonce de la
disparition de l'accusé reprendra de manière contradictoire. Son conseil, Me Michel Bouchat, assisté de sa consoeur Me Lysiane Brakman et qui avait quitté la barre pour assister aux débats du public, va demander à la cour de représenter à nouveau son client.
L'avocat a expliqué que Stéphane Labeau n'était pas en mesure de
comparaître mais n'a pu donner les motifs exacts en raison des nouvelles imprécises qui lui parviennent. Les débats qui se sont déroulés en l'absence de l'accusé restent cependant acquis.
Evitement
D'après le docteur Bongaerts, Stéphane Labeau se complaisait dans une vérité qui était la sienne, sans aucune remise en question. "Sûr de lui, rigide, Stéphane Labeau répond par l'évitement lorsqu'il est coincé sur un doute", affirme le neuropsychiatre qui ajoute que l'accusé présente une logique et une cohérence sans contradiction.
Par rapport à Mélanie D., l'intéressé se retranchait derrière la vie intime et personnelle et refusait de répondre aux questions posées. Pour J-F Lallemand, psychiatre, la personnalité de l'accusé était
astructurée, en raison de son jeune âge, 21 ans, au moment des analyses. "Sa personnalité n'était pas tout à fait aboutie. Il présentait des mécanismes phobiques d'évitement face aux problèmes tout en étant capable de contrôle", déclare le psychiatre.
Anxiété
Selon ce dernier, la dynamique de la personnalité de l'accusé démontrait de l'anxiété, due à son aspect juvénile: "l'accusé s'enfermait dans une structure infantile qui justifie qu'il s'orientait vers des personnes plus jeunes, telles que sa compagne de l'époque".
A propos de Bernard W., les docteurs invitent à une prudence interprétative: "Autant Stéphane Labeau se montrait collaborant, autant Bernard W., ce n'était pas le cas". Selon J-F Lallemand, Bernard W. présentait un dessèchement affectif et une personnalité phobique qui nie en bloc les faits: "Il s'agit d'un homme imprégné des différents incidents dramatiques qui ont émaillé sa vie de famille. La notion de discernement des faits par rapport aux éléments subjectifs est difficile", précise le docteur. Bernard W. se positionnait avec Mélanie D., d'après le docteur, en tant que protecteur vis-à-vis d'une enfant qui aurait perdu ses parents. (belga)


