IPPJ: oui au débat, non au chambardement dans la précipitation

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Par: rédaction
24/09/09 - 17h46

S'il faut poursuivre le débat sur l'aide à la Jeunesse, il n'est pas question de verser dans la précipitation et de remettre fondamentalement en cause le fonctionnement des Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse (IPPJ), a affirmé jeudi la ministre de la Jeunesse Evelyne Huytebroeck devant le parlement de la Communauté française.
 
Au cours de la séance de rentrée du parlement francophone, pas moins de 5 parlementaires ont fait part de leurs interrogations après le double meurtre commis à Woluwe-Saint-Lambert par un mineur d'âge.
 
Les critiques sont surtout venues des bancs de l'opposition libérale, où Pierre-Yves Jeholet et Françoise Bertieaux ont réclamé la tenue d'un débat urgent et "sans tabou" à propos des IPPJ, où règnerait, ont-ils dit, une "loi du silence". Selon eux, ministre et Parquets ne sont pas informés de certaines pratiques qui y ont lieu, des produits qui y circulent, du nombre réel de fugues.
 
La ministre dit que tout va bien dans ces institutions mais cela ne correspond pas du tout à la situation sur le terrain, ont dit en choeur Mme Bertieaux et M. Jeholet, concrétisant leurs propos par le dépôt d'une proposition de résolution réclamant la tenue d'un audit pour faire la lumière sur la réalité du secteur.
 
Dans la majorité, Yves Reinkin (Ecolo) a mis en garde contre toute réaction prise sous le coup de l'émotion: "nous ne sommes pas en émocratie", a-t-il lancé. Damien Yzerbyt (cdH) a rappelé qu'un long débat, émaillé d'auditions de spécialistes du secteur et de recommandations, a déjà eu lieu en Commission au cours de la dernière session du parlement. S'il faut en effet poursuivre ce débat, il ne convient pas de tout recommencer, a-t-il dit.
 
"Tout ne doit pas rester en l'état mais il ne faut pas tout changer et sûrement pas dans la précipitation", a abondé la ministre, promettant qu'elle lirait le rapport des travaux de Commission en question, réalisés à une époque où elle n'était pas aux affaires en Communauté.
 
Devant les critiques réformatrices visant une politique trop laxiste qui serait de mise dans les IPPJ, en matière de sortie des jeunes délinquants notamment, Mme Huytebroeck a souligné qu'elle n'était pas ministre de la Justice et que son rôle consiste surtout à organiser l'aide à la jeunesse.
 
Tous les rapports et les responsables affirment que le projet pédagogique entourant l'auteur des faits fonctionnait bien, a-t-elle souligné, ajoutant de façon plus générale que les 2.000 sorties de jeunes accueillis en IPPJ depuis 1981 n'ont jamais débouché sur des événements aussi dramatiques. Elle réfute en tout cas l'existence d'une "loi du silence" qui règnerait dans les institutions de protection.
Quoi qu'il en soit, elle se dit ouverte au débat, en ne retenant aucun tabou.
 
Dans le cas présent, une supervision externe devra déterminer si un grain de sable a grippé le processus pédagogique qui était appliqué, a encore précisé la ministre. (belga/chds)

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