300 manifestants pour l'interdiction du voile à l'école

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Par: rédaction
26/09/09 - 13h56

Près de 300 personnes ont manifesté samedi à Bruxelles, devant la ministre-présidence de la Communauté française, pour demander l'interdiction par voie décrétale du port de signes religieux dans les écoles francophones du pays.
 
La question du port du voile à l'école est revenue au devant de l'actualité lors de la rentrée scolaire, en Flandre et dans le sud du pays, des élèves exclues d'établissements interdisant le port du voile ayant saisi les juridictions.
 
Ne pas se voiler la face
Selon les organisateurs de la manifestation de samedi, il revient au politique de trancher en faveur d'un bannissement généralisé des signes religieux dans les écoles. "Et, sans mauvais jeu de mot, ne nous voilons pas la face, c'est le port du voile qui pose aujourd'hui problème dans les écoles", a indiqué samedi l'une des organisatrices de la manifestation, Nadia Geerts, du Réseau d'Actions pour la Promotion d'un Etat laïque (RAPPEL). Il faut se préserver de "toute immixtion religieuse" à l'école, a-t-elle ajouté, évoquant aussi la capacité de nuisance des "catholiques intégristes" ou de "bouddhistes conservateurs".
 
"Maltraitance"
Egalement organisatrice de la manifestation, Karima, de l'asbl "Insoumise et dévoilée" née d'un livre éponyme relatant son parcours, a dit combien son vécu l'avait rendue encore plus forte. "L'imposition d'un fichu sur la tête de filles de 5 ou 6 ans relève de la maltraitance", a-t-elle estimé.
 
Qui soutenir?
Nadia Geerts a appelé le politique à "faire des choix pour protéger d'urgence les filles contraintes de porter le voile". Selon elle, la question est claire. "Qui voulez-vous soutenir aujourd'hui? Pour tout démocrate, la réponse ne peut faire aucun doute".
 
Vivre ensemble
Une dizaine d'élus participaient samedi à la manifestation, essentiellement issus du MR. Les réformateurs ont annoncé cette semaine une série de propositions pour assurer le vivre ensemble en Communauté française et dans le pays, dont l'interdiction du port de signes ostentatoires à l'école officielle.
 
Defossé et Lizin
Cela va "tout à fait" dans le sens que nous souhaitons, a réagi samedi Nadia Geerts, regrettant la frilosité dans ce débat des partis de gauche représentés samedi par les seuls Henri Simons, non élu et nouveau venu au parti socialiste, Josy Dubié, ex-élu Ecolo accompagné de son frère, l'actuel député de la Communauté française Jean-Claude Defossé (Ecolo), la sénatrice Anne-Marie Lizin, ex-PS, étant également présente. Il n'y avait pas de représentant cdH.
 
Fonction publique et gouvernements
L'enseignement de la Communauté flamande vient de décider d'interdire le voile dans les écoles de son réseau. En Communauté française, le MR souhaite un bannissement des signes convictionnels pour l'ensemble de l'enseignement officiel, Daniel Bacquelaine et Didier Gosuin s'apprêtant à déposer des textes pour cette interdiction dans l'enseignement mais également au sein de la fonction publique ou des gouvernements.
 
Burqa
La sénatrice Christine Defraigne, chef de groupe, a par ailleurs déposé une proposition de loi relative à l'interdiction de la burqa sur la voie publique. Anne-Marie Lizin propose dans une résolution que le gouvernement mette en place une commission spécifique sur la question. Les deux élues ont écrit au président de la Commission Philippe Moureaux (PS) pour qu'il mette au plus vite leurs textes à l'ordre du jour des travaux. On verra "quelle est la volonté politique", ont-elles indiqué samedi, présentes à la manifestation.
 
Outre le RAPPEL et Insoumise et dévoilée, celle-ci était organisée par le Comité belge de l'association Ni Putes Ni Soumises (NPNS) dont la présidente française avait fait le déplacement. Le mot d'ordre était soutenu par un certain nombre d'associations laïques, féministes et de défense des pouvoirs publics. (belga/7sur7)

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