Les économies à réaliser par le secteur de l'enseignement seront situées aux alentours de 12 millions d'euros pour 2009 et 44 millions pour 2010, a indiqué samedi le ministre-président de la Communauté française Rudy Demotte lors de la cérémonie officielle célébrant la fête de la Communauté, à l'Hôtel de ville de Bruxelles.
A l'occasion de son allocution, placée sous le signe de la solidarité Wallonie-Bruxelles au sein d'une véritable "Fédération", M. Demotte s'est voulu rassurant envers le monde de l'enseignement: les économies visées ne représentent respectivement que 0,2% et 0,6% du budget annuel de l'enseignement.
"Nous épargnerons le plus possible un secteur qui porte les efforts de déploiement pour l'avenir", a certifié le ministre-président, assurant que les grandes réformes décidées sous la précédente législature seront maintenues. En attendant, le gouvernement recevra les représentants du monde enseignant le 6 octobre, avant de trancher.
Ces paroles à peine prononcées, le cdH faisait savoir par voie de communiqué sa satisfaction de voir M. Demotte "rejoindre la proposition de Marie-Dominique Simonet visant à abandonner la piste mise sur la table en juillet dernier par les négociateurs PS-cdH-Ecolo relative à l'harmonisation des plages horaires des enseignants".
Et dans les couloirs de l'Hôtel de Ville de Bruxelles, la ministre de l'Enseignement obligatoire abondait en ce sens, confirmait la volonté d'épargner les enseignants "détenteurs de la clé d'une future prospérité retrouvée" et saluait la volonté du gouvernement de travailler ensemble.
Evoquant l'actualité récente, M. Demotte a aussi marqué son soutien au personnel des Institutions publiques de protection de la jeunesse et aux positions prises par la ministre Evelyne Huytebroeck, "qui ne perçoit pas uniquement le jeune sous l'angle de la délinquance".
Quant à la culture, elle ne jouera pas le rôle de victime désignée, a expliqué le ministre-président: elle figure au coeur du développement économique et développe une image de marque qui pèsera dans les arbitrages budgétaires.
Pour défendre et illustrer la nouvelle solidarité Wallonie-Bruxelles, M. Demotte a souligné qu'en ces temps de vaches maigres, la Wallonie -elle même peu suspecte d'opulence budgétaire- viendrait en aide à Bruxelles par le transfert de normes d'emprunt et via la Cocof.
Et le ministre-président de relever que le nom de Bruxelles est cité 233 fois dans la Déclaration de politique communautaire mais aussi 164 fois dans la Déclaration régionale wallonne.
Avant Rudy Demotte, le président du parlement de la Communauté-Fédération, Jean-Charles Luperto, avait déjà chanté les louanges de la solidarité Wallonie-Bruxelles. Une solidarité qui ne rime pas avec exclusion: "il me paraît essentiel d'activer les relations avec les assemblées régionales, fédérales, comme avec les assemblées des deux autres Communautés, en particulier la Communauté flamande", a-t-il dit.
Au passage, il a confirmé sa préférence pour le nouveau concept de "Fédération Wallonie-Bruxelles" qui se profile et qui illustre si bien, à ses yeux, la solidarité tant louée.
Les récentes mesures de "bonne gouvernance" arrêtées par les assemblées francophones avec sa participation lui paraissent particulièrement pertinentes.
Pour le futur proche, il a souhaité un rapprochement des services des médiateurs wallon et de la Communauté, s'est réjoui de la tenue des "Etats généraux de la presse" et a prôné des débats parlementaires élargis à d'autres assemblées, comme le parlement wallon.
La célébration de la fête de la Communauté était cette année exempte de toute allusion aux dossiers communautaires. La cérémonie a bénéficié de la présence discrète du gouvernement flamand, représenté par le ministre de l'Enseignement Pascal Smet, par ailleurs ex-ministre bruxellois. Le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz avait aussi fait le déplacement d'Eupen.
Comme de coutume, la plupart des présidents d'assemblées et membres de gouvernements, fédéraux et régionaux étaient présents à Bruxelles, comme nombre de représentants diplomatiques.
La cérémonie a aussi été l'occasion pour l'ex-président du parlement Jean-François Istasse de remettre le prix de journalisme du parlement à André Buyse pour des articles sur les anciens cinémas d'Uccle et l'apprentissage du... chinois. (belga)
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