Les deux inculpés de Liège racontent leur sordide soirée
Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina.
Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina, deux Liégeois de 26 ans accusés de viol et de tentative d'assassinat sur une jeune fille âgée de 17 ans, ont nié lundi, lors de leur interrogatoire devant la cour d'assises de Liège, avoir eu l'intention de tuer leur victime.
Strip-tease par webcamLors de son interrogatoire par le président de la Cour, l'accusé Gaëtan Cagnina a retracé l'historique de sa rencontre avec la jeune victime des faits. C'est sur internet que cette jeune fille a fait la connaissance de Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina. Deprince rencontrait souvent des jeunes filles par ce moyen de communication. Il avait noué des contacts avec la jeune victime qui, le soir où Cagnina l'a découverte, réalisait devant sa webcam un strip-tease à l'attention de Deprince.
Selon Gaëtan Cagnina, la jeune fille a ensuite porté son attention sur lui et était demandeuse d'une relation. Lors d'une conversation entretenue sur MSN, elle lui a proposé de le rejoindre pour une soirée, le 17 mars 2007, à son domicile de Braives. Cagnina soutient que Deprince a imposé sa présence lors de cette soirée.
ConsentanteGaëtan Cagnina a ajouté que la jeune fille était consentante pour entretenir des relations sexuelles avec lui. Elle lui avait demandé d'apporter des préservatifs. Cagnina et la jeune fille se sont isolés dans une chambre pour un moment d'intimité quand Grégory Deprince les a interrompus.
"Il avait beaucoup bu et inondé le salon en notre absence", a expliqué Gaëtan Cagnina. "Il n'était pas dans un état normal. Nous étions tous sous l'influence de l'alcool. Pendant qu'il a tenté sa chance, j'ai fouillé l'étage à la recherche de choses à voler. Quand je suis revenu dans le salon, la jeune fille était en sang, allongée inconsciente sur le sol."
Cagnina, qui nie l'intention d'attenter à la vie de la jeune fille, précise qu'ils ont tenté de la transporter vers son lit mais que Deprince a été entraîné dans son déchaînement de violence. "Nous pensions qu'elle était morte", ajoute Cagnina. "Il a voulu l'enterrer mais j'ai proposé de mettre le feu à la maison."
Coups violentsLes deux accusés ont ensuite déversé du mazout mais le feu ne s'est pas déclenché. "J'ai suggéré de verser du white-spirit sur elle mais elle a sursauté", ajoute Cagnina. "Il lui a donné deux coups de pied dans la tête puis a saisi une lampe et a frappé. Cela a fait un tel bruit que j'ai pensé qu'il avait utilisé le pied de la lampe."
Interrogé à son tour, Grégory Deprince a minimisé les viols qui lui sont reprochés et a prétendu qu'il n'a pas forcé le consentement des victimes, même s'il leur a fait avaler des médicaments à effets soporifiques. Pour expliquer les faits qui se sont déroulés chez la jeune fille à Braives, Grégory Deprince a prétendu que son but initial était d'accompagner Gaëtan Cagnina pour prendre un verre. Il a affirmé que son but n'était pas d'aller entretenir des relations sexuelles avec cette jeune fille. L'accusé nie l'idée d'avoir fait boire la jeune fille dans le but d'obtenir plus facilement une relation sexuelle à trois.
"Par pure méchanceté"Grégory Deprince a soutenu que c'est la jeune fille qui s'est déshabillée et qui a initié leur relation sexuelle. Il n'explique pas les saignements de la victime mais reconnaît avoir porté deux coups violents. "Par pure méchanceté, quand elle a saisi ma manche, je lui ai porté deux coups de pied au visage", a expliqué l'accusé qui limite ses actes à ces deux coups de pied. Deprince rejette l'idée de l'incendie sur Cagnina et nie l'intention homicide à l'égard de la jeune fille. (belga)