Le ministère public requiert la culpabilité de Labeau
Le ministère public a requis lundi, devant la cour d'assises du Hainaut, la culpabilité pour Stéphane Labeau, jugé pour l'assassinat de Christian Duquene et de son épouse Rita Wallecam, commis le 10 mars 2001 à Roisin (Honnelles).
L'avocate générale, Anne Maschietto, a rappelé, lors de son réquisitoire, que si Stéphane Labeau est jugé aujourd'hui, c'est parce que les charges ont été estimées suffisantes: "Stéphane Labeau a menti pendant plus de huit ans sur, entre autres, sa présence à la ferme le soir des faits, pour reconnaître cette semaine qu'il était présent. Mais il n'a pas pour autant reconnu sa culpabilité", a-t-elle dit.
Gamine au moment des faitsLe déroulement chronologique des faits a été reconstitué en démontrant point par point les éléments indiscutables qui, selon l'avocate générale, contribuent à la culpabilité de l'accusé. D'après Mme Maschietto, il a fallu attendre ce procès et toute la dextérité du président, Jean-Francis Jonckeere, pour comprendre comment et pourquoi Mélanie D. est devenue ce qu'elle est: "C'était une gamine au moment des faits et elle est depuis lors en prison. Une prison psychologique dont elle ne pourra peut-être pas échapper."
"Jeté comme un malpropre"Me Paul Renier, conseil de la partie civile, a retracé le parcours de sa cliente, Mélanie D., tout en avouant qu'il avait conçu à certains moments les pires soupçons à l'égard de la jeune femme. "Mélanie D. était une enfant unique, isolée et écartée de sa famille. Adolescente au moment des faits, elle n'a pu que réagir en s'adaptant au contexte", a déclaré l'avocat, ajoutant que, selon son intime conviction, Stéphane Labeau a commis les faits après avoir été repoussé par Christian Duquene: "Il a oeuvré sans relâche pour cette exploitation agricole, puis a été jeté dehors comme un malpropre. Il ne l'a pas supporté."
La matinée de mardi sera consacrée aux plaidoiries de la défense, assurée par Me Michel Bouchat et sa collaboratrice, Lysiane Brackman. (belga)