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Citeo, la filiale de la STIB, hypothèque le budget de Bxl

Didier Gosuin.
La création de la filiale d'investissements de la STIB CITEO fait planer une hypothèque de quelque 90 millions d'euros sur le budget 2008 du gouvernement bruxellois, en raison de l'état d'impréparation de ce dossier, a affirmé mardi le chef de file du MR bruxellois, Didier Gosuin.

L'objectif de la création de cette société, censée être autonome, est de prendre la place de la STIB pour créer de nouvelles infrastructures pour le réseau bruxellois des transports en commun (voies ferrées, dépôts, commerces, stations de métro). Elle devra aussi les gérer, le tout sans endetter la Région-capitale.

Celle-ci est soumise, comme les autres entités du pays, aux normes européennes de réduction de la dette publique. L'existence de cette société autonome, dotée d'une capacité importante d'emprunt, devrait donc permettre d'investir beaucoup plus que la STIB ne peut le faire aujourd'hui.

Avis négatif
Mais au stade actuel, l'avis de l'Institut des Comptes Nationaux et de l'organisme européen Eurostat sur ce montage échappant au contrôle parlementaire est négatif, a souligné Didier Gosuin. D'après lui, le gouvernement bruxellois a jusqu'à présent refusé de présenter cet avis. Or, le projet de budget 2008 a prévu d'autoriser Citeo à dépenser 187 millions d'euros, et de contraindre la STIB de réaliser 110 millions d'économies, dans le cadre de cette opération.

Pour l'instant, il ne s'agit, dixit Didier Gosuin, que d'un montage de papier, si bien que s'il ne peut se faire, la Région risque de devoir compenser 90 millions d'euros de déficit à charge de la STIB. Ce cas de figure n'est, selon lui, pas à exclure, d'autant que le ministre des Finances Guy Vanhengel a affirmé en commission qu'il ne permettrait pas que l'on autorise formellement Citeo à utiliser sa capacité de dépense fixée à 187 millions d'euros, dans le projet de Budget 2008 de la Région tant que le modèle n'est pas validé.

Irritation
Le chef de file de l'aile FDF du MR a par ailleurs dénoncé "le manque de transparence de la majorité régionale qui refuse", que ce soit via le ministre de la Mobilité Pascal Smet, ou par le président du Parlement régional, le socialiste Eric Tomas, de lui remettre le contenu de l'avis d'Eurostat. Le ministre de la Mobilité Pascal Smet n'a pas caché son irritation, face à cette sortie "presque incivique" du député-bourgmestre MR à qui il a reproché de ne pas défendre la nécessité d'investir dans les infrastructures de transport public.

Comme il l'a fait à plusieurs reprises au cours des derniers mois, Pascal Smet a estimé que la création de Citeo avait fait l'objet d'une préparation minutieuse, avec la collaboration d'avocats spécialisés dans cette matière. Selon lui, le rapport d'Eurostat n'est pas encore définitif. Le gouvernement régional a répondu aux questions qu'il soulevait s'appuyant notamment sur une analyse faite par la STIB et par l'Institut des Comptes Nationaux.

"Je ne suis pas responsable du timing d'Eurostat, un organisme européen avec lequel il est impossible d'entrer en contact si ce n'est par le canal intermédiaire de l'Institut des Comptes Nationaux. Je transmettrai le rapport définitif dès que je serai en sa possession", a-t-il insisté. C'est sur foi des éclairages compétents et avisés des experts, qu'il a été décidé de prévoir la possibilité de transférer dès 2008 des actifs vers Citeo. Mais la Région prendra d'autres mesures si l'avis définitif d'Eurostat s'avère négatif, a-t-il conclu.

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