Simonet veut réduire l'effort budgétaire de l'enseignement
La ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet (cdH) a fait part lundi de sa volonté de réduire l'effort budgétaire réclamé par l'Olivier à l'enseignement, alors que plus d'un millier d'enseignants sont venus manifester à Bruxelles, notamment contre la piste d'économie consistant à amener tous les enseignants du secondaire au maximum de leur plage horaire, une piste désormais enterrée.
De nouvelles pistes seront proposées, que la ministre n'a pas souhaité préciser alors que de nouvelles rencontres avec les syndicats de l'enseignement, puis les pouvoirs organisateurs, sont programmées mardi après-midi à Namur.
A discuterMais il n'est pas question de toucher à l'emploi du personnel administratif et ouvrier (PAPO) via un gel des subventions, a-t-elle précisé, ajoutant que les accords passés (notamment concernant le pour-cent de revalorisation salariale en 2010) seront respectés. Quant à la retraite anticipée à 55 ans, garantie jusqu'en 2011 mais dont l'avenir est incertain, le sujet sera discuté en négociations sectorielles, a relevé la ministre.
Dans le cadre du conclave budgétaire des entités fédérées francophones, Mme Simonet a affirmé qu'elle allait tenter d'obtenir une diminution de l'effort réclamé par l'Olivier à l'enseignement. "En cette période de crise, la solidarité nécessite que chacun fasse des économies, mais il faut que celles-ci soient les moins importantes possibles dans l'enseignement", a-t-elle commenté.
Faire le gros dosOn se dirige vers un lissage budgétaire de mesures de fonctionnement, sans toucher au salaire ni aux conditions de travail, et en évitant de prendre des mesures structurelles pour une situation de crise qualifiée de conjoncturelle. Il s'agit, commente-t-on dans l'entourage de la ministre, de passer un cap de deux à trois ans en "faisant le gros dos".
Le front commun syndical (CSC, CGSP, SEL-SETCa, SLFP et APPEL) attendait que la ministre s'exprime publiquement et clairement sur les pistes d'économie envisagée, après avoir constaté des messages divergents provenant de plusieurs membres du gouvernement.
RéunionsLes représentants syndicaux se sont montrés satisfaits de l'abandon confirmé de la piste des prestations horaires, mais ils disent toujours craindre des mesures d'économie qui frapperaient l'emploi. Si c'est le cas, le front commun se dit prêt à de nouvelles actions à l'issue du conclave budgétaire du week-end prochain.
Les syndicats rencontreront à nouveau la ministre mardi après-midi à Namur pour discuter des pistes envisagées, qu'ils se disent prêts à examiner pour autant qu'elles préservent l'emploi, l'encadrement pédagogique, le statut et les conditions de travail. Mme Simonet aura dans la foulée un entretien avec les pouvoirs organisateurs, avant une réunion ministérielle en comité restreint. La manifestation s'est déroulée sans incident notable. (belga/ca)