Le gouvernement bruxellois est tombé d'accord jeudi sur une première tranche de 126 millions d'euros d'économies à effectuer sur le budget 2009. Chacun a mis la main à la pâte pour y parvenir sans toucher aux dépenses jugées incompressibles parmi lesquelles les dépenses de personnel.
Selon le ministre-président, Charles Picqué, interrogé à l'issue de la réunion, le plus dur reste à venir car il faut à présent dénicher 180 autres millions d'économies toujours sur le budget 2009.
Difficulté supplémentaire: il faudra agir essentiellement sur les dépenses étant donné le court délai restant avant la fin de l'année.
Le ministre de l'Emploi et de l'Economie Benoît Cerexhe, a fait l'effort qui lui a été demandé pour trouver les 3 millions d'euros manquants, "mais sans toucher à l'emploi", a-t-il insisté jeudi.
Les négociations vont reprendre entre cabinets dès la fin de cette semaine pour tenter d'aboutir à un accord complet sur l'ajustement budgétaire d'ici jeudi prochain. Ce n'est qu'ensuite que l'on préparera le projet de budget 2010 dans lequel on s'attardera également sur la colonne des recettes. "Mais pas question de toucher à ce qui fait le dynamisme de la Région, à savoir ses habitants et les activités économiques", a averti le ministre du Budget Jean-Luc Vanraes (Open Vld).
L'immobilier?
Jusqu'à présent quelques pistes ont été prudemment avancées par certains protagonistes pour mieux alimenter les recettes. Les premières ont trait à la principale ressource fiscale de la Région: l'immobilier. On examinera ainsi attentivement la possibilité de réorienter vers les droits d'enregistrements, une série de méga-opérations immobilières qui en échappent par des montages profitables aux caisses du fédéral via la TVA.
D'autres ont évoqué à mots couverts la possibilité de focaliser une augmentation fiscale sur certains types de biens immobiliers. Troisième voie dans l'immobilier: la vente de terrains et/ou bâtiments.
A l'occasion du congrès de la fédération bruxelloise du PS, le ministre-président bruxellois Charles Picqué a par ailleurs envisagé une réorientation de fonds destinés à des projets financés par le fédéral via Beliris mais encore non-réalisés. On pourrait ainsi payer une série de factures d'infrastructures de mobilité à honorer à brève échéance.
Restent par ailleurs en suspens, des arriérés de paiement du fédéral à la Région pour les chômeurs (70 millions d'euros).
"Cela ne suffira de toute façon pas"
Charles Picqué a aussi indiqué que l'on examinerait attentivement l'état des trésoreries des organismes para-régionaux et de certaines communes, car face à la gravité de la situation, "personne ne doit être à l'abri de l'effort". "Mais cela ne suffira de toute façon pas", a commenté un des négociateurs sous-entendant qu'il faudrait lever certains tabous dans le domaine des dépenses.
Jean-Luc Vanraes a quant à lui assuré que la Région bruxelloise assumerait au maximum l'effort nécessaire pour s'en sortir, mais qu'au-delà, il se tournera vers le fédéral pour signifier la part de missions de capitale qu'elle n'est plus en mesure d'assumer. (belga)


