La contribution des banques au budget de l'Etat devra s'élever au moins à 500 millions d'euros, a réclamé dimanche la vice-première ministre PS, Laurette Onkelinx, lors d'un congrès de son parti qui avait lieu alors que les différents gouvernements observaient une pause dans leurs débats budgétaires. L'exercice est périlleux mais les socialistes l'ont dit et répété: les travailleurs ne paieront pas deux fois le prix de la crise.
"Que maintenant, les banques paient pour la crise qu'elles ont provoquée. Ca ne peut pas être symbolique. On a cité le montant de 500 millions d'euros. Pour nous, c'est un minimum!", a-t-elle lancé. Mme Onkelinx a rappelé l'attachement de son parti à la norme de croissance des soins santé de 4,5%.
"Pas touche, c'est un absolu pour moi", a-t-elle dit. Selon elle, les excédents dégagés grâce à cette norme doivent toutefois être mis en réserve, notamment pour faire face au vieillissement de la population, et peuvent servir à combler les déficits d'autres secteurs de la sécurité sociale, à condition que les recettes fiscales y contribuent aussi.
Fonctionnaires
Autre préoccupation du PS, les fonctionnaires. Les socialistes s'inscrivent en faux contre les plaidoyers patronaux et libéraux en faveur d'un allégement du poids de la fonction publique en Belgique et s'opposent à toute mesure linéaire.
"J'en ai marre de ces discours simplistes qui désignent les fonctionnaires comme les nouveaux ennemis publics, ces discours à la Van Quickenborne (ministre VLD de la simplification) qui veut réduire à 15.000 le nombre de fonctionnaires", s'est emportée la vice-première.
Pour maintenir les recettes, le PS demande que certaines législations soient revues, comme celle sur les intérêts notionnels, les voitures de société ou la taxation des plus-values spéculatives. Il insiste par ailleurs sur la levée du secret bancaire. "Je sais que l'on n'aura pas tout ce qu'on réclame mais il faudra des avancées sur certaines législations", a souligné Mme Onkelinx.
Moyens supplémentaires
S'il sera difficile d'engager des dépenses nouvelles dans le budget, la vice-première et ministre de la Santé a néanmoins réclamé des moyens supplémentaires en faveur des infirmières. "Je ne prendrai pas beaucoup d'engagements sur les dépenses nouvelles mais celui-là, je le prends devant vous", a-t-elle déclaré.
Pour le PS, il faut tirer tous les enseignements de la crise financière. Le président Elio Di Rupo a rappelé que son parti avait déposé 53 propositions pour mieux réguler le secteur. Dimanche, il a particulièrement insisté sur la création d'une Agence indépendante de protection des consommateurs de produits financiers.
Des représentants de la FGTB étaient présents au premier rang du congrès. Leur participation n'avait rien de fortuit. "Notre présence revêt aujourd'hui une valeur hautement symbolique. S'il est un parti qui, au gouvernement, nous a entendu et relaie nos revendications, c'est le PS", a expliqué la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne. (belga/ca)


