Les élus francophones du pays se sont inquiétés mercredi du possible "effet de domino" qu'aura la déclaration d'indépendance du Kosovo sur les autres Etats multi-ethniques, au cours d'une réunion du comité d'avis parlementaire sur les questions européennes. La base juridique incertaine du déploiement européen a également suscité des protestations.
Tous partis confondus, les députés francophones ont affiché leurs craintes, tandis que la question a à peine été évoquée par leurs collègues néerlandophones. "Nous devons arrêter la prolifération de création d'Etats artificiels en Europe", a dit François Xavier De Donnea (MR), selon qui le Kosovo n'est pas viable économiquement. La République serbe de Bosnie pourrait être tentée de se séparer de la Fédération croato-musulmane si les Kosovars larguent les amarres de la Serbie, a-t-il averti.
Le socialiste Patrick Moriau, vice-président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, a abondé dans cette direction, évoquant un "sentiment larvé de séparatisme au sein de l'Europe". Le sénateur François Roelants du Vivier (FDF) a quant à lui mentionné le possible "effet de domino" en Europe, citant la République turque de Chypre Nord, autoproclamée et reconnue par la seule Turquie, qui pourrait selon lui imiter le Kosovo. Jossy Dubié (Ecolo) a lui quant à lui dit "craindre que la machine infernale soit engagée", soulignant, à l'instar de ses collègues, qu'un retour en arrière n'était plus possible.
Du côté flamand, l'indépendance du Kosovo n'a pas suscité autant d'inquiétude. Le sénateur Luc Van den Brande (CD&V) a même demandé que les entités fédérées, "qui fonctionnent encore plus ou moins normalement", puissent donner leur avis sur la déclaration d'indépendance. Interrogé par l'agence BELGA à l'issue de la réunion, Patrick Moriau a déploré cette divergence. "Tout devient communautaire dans ce pays", a-t-il dit. "On risque d'avoir une reconnaissance d'indépendance par le Parlement flamand."
Les réunions du comité d'avis sur les questions européennes se tiennent avant et après chaque sommet européen, en présence du Premier ministre. Mercredi, Guy Verhofstadt a expliqué aux parlementaires sa vision du problème kosovar, deux jours avant une prise de position cruciale des 27 sur le sujet. Selon lui, l'action européenne vise surtout à éviter une nouvelle flambée de violence dans la région. Il a exprimé l'espoir que l'UE puisse trouver une base légale solide pour déployer une mission au Kosovo. "On va en discuter le 19 décembre au Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il dit. "S'il n'y a pas d'accord, on a l'ancienne résolution 1244 qui peut être utilisée", a-t-il assuré. (belga)
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