"La messe était dite" avant que débute la réunion de groupe, a indiqué Christine Defraigne à l'issue de la décision de son parti de la remplacer à la tête du groupe MR au Sénat. La sénatrice liégeoise a quitté directement le Sénat sans assister à la séance plénière. "Ce qui me fait mal, ce qui m'inquiète, c'est que la liberté d'expression est en danger dans le parti de la liberté", a-t-elle lancé.
Un "signal fort"
Pour Armand De Decker, le geste posé à l'unanimité par le groupe MR, "avec ses composantes MCC, FDF et PRL" est "un signal très fort" à l'endroit de l'ensemble des députés et sénateurs après les quelques critiques qui ont visé ces dernières semaines la présidence de Didier Reynders qui bénéficie, a-t-il souligné, d'un "large" soutien. "Il faut que les petites phrases et déclarations cessent", a asséné le président du Sénat.
Proposition avait été faite à Mme Defraigne de présenter sa démission au groupe, ce qu'elle a refusé de faire, estimant remplir correctement son rôle et rappelant le portrait élogieux qu'avait écrit en 2007, faisant le bilan de la législature, le quotidien Le Soir.
Refus de démissionner
Face à son refus de démissionner, la décision a été prise de remplacer Mme Defraigne comme chef de groupe par Dominique Tilmans. "Le chef de groupe doit être une caisse de résonance", a indiqué cette dernière, soulignant que ce rôle n'était pas rempli par Mme Defraigne.
"On ne s'y retrouvait plus". Mme Tilmans a évoqué parmi les reproches à son prédécesseur "des faits antérieurs" aux interviews qui ont précipité son remplacement.
Les Michel aux commandes?
Didier Reynders s'est vu reprocher par certains mandataires, depuis l'échec électoral du MR, de ne pas avoir assuré et géré au mieux la communication interne et externe de son parti, d'aucuns lui reprochant son cumul de vice-premier ministre et de président de parti.
Certains se sont exprimés sous couvert de l'anonymat à cet égard, d'autres, parmi lesquels Christine Defraigne, ont lancé le débat ouvertement. Les observateurs ont régulièrement souligné dans ce contexte l'action de la famille Michel désireuse, selon certains, de reprendre les rênes du parti. "On est derrière Didier Reynders. Que tout le monde enregistre par là ce qu'il veut", a commenté jeudi Armand De Decker. (belga/acx)


