MISE À JOUR
Le Conseil des ministres restreint a approuvé mercredi matin le plan de restructuration de l'armée présenté la semaine dernière par le ministre de la Défense, Pieter De Crem, a annoncé ce dernier à la Chambre, avant de détailler les mesures d'accompagnement social dont pourront bénéficier les militaires concernés.
"Il (le plan de finalisation de la transformation de l'armée) a été approuvé par le kern, cela signifie qu'il sera exécuté", a affirmé M. De Crem (CD&V) à la presse à l'issue de la première partie d'une réunion des commissions de la défense de la Chambre et du Sénat consacrée à ce plan, lors de l'interruption pour la pause de midi.
Tenant compte des préoccupations exprimées par de nombreux parlementaires, le ministre a assuré qu'une marge de manoeuvre existait sur les "modalités" de son plan, promettant par exemple une consultation individuelle pour les milliers de militaires qui seront affectés par une mutation. "Les grandes options ont été prises et seront maintenues", a-t-il toutefois prévenu.
"Je suis convaincu que c'est la seule solution", a ajouté M. De Crem (CD&V), faisant référence à l'accord politique qui existe désormais à propos de son plan et du "contexte budgétaire" - le fait que le gouvernement lui ait demandé d'épargner 97 millions d'euros en 2010 et 2011, sur un budget total de près de 2,8 milliards d'euros.
La question de l'approbation du plan avait déjà figuré la semaine dernière à l'agenda du conseil des ministres restreint, mais avait été reportée, a souligné M. De Crem.
Il a ainsi par avance répondu à plusieurs députés et sénateurs - tant de la majorité que de l'opposition - qui l'ont interrogé en matinée sur le "statut" de son plan et notamment s'il avait été concerté avec le reste du gouvernement fédéral.
Le ministre a convenu que son plan aurait un "impact considérable" pour les plus de 6.000 militaires et civils du département qui seront affectés par la fermeture de leur caserne et/ou le déménagement de leur unité, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de distance.
"Je suis sensible au fait que des militaires vont devoir bouger", a-t-il dit en évoquant des mesures d'accompagnement - une demande formulée avec insistance par les parlementaires qui ont soulevé toute une série de questions pratiques pour les personnes affectées, comme la possibilité de retrouver un logement dans une autre région.
Intervenant à nouveau dans l'après-midi, M. De Crem a détaillé les mesures d'accompagnement social dont pourront bénéficier les militaires concernés par un plan de réaffectation: une intervention financière dans les frais de déplacement, des possibilités de transport collectif, une aide du service social pour le logement, des facilités d'horaires ainsi qu'un assouplissement des règles pour pouvoir changer de fonction ou de force.
"Tout qui en fera la demande" pourra en bénéficier, a-t-il ajouté. Un catalogue des fonctions vacantes sera aussi établi en fonction des besoins opérationnels, a encore dit M. De Crem, parlant d'un "plan de carrière individuel".
Il a enfin annoncé le lancement d'une "double dynamique" de consultations: avec les organisations syndicales - une rencontre est prévue dès jeudi -, afin de finaliser le plan d'accompagnement social d'ici le 15 novembre, et avec les autorités locales pour réfléchir ensemble à l'avenir des installations qui seront fermées.
Le député - et ancien ministre de la Défense - André Flahaut a d'ailleurs prévenu qu'il ne voterait le budget du ministère de la Défense que si M. De Crem procédait bien à ces concertations promises.
"Mon attitude (lors du vote) sur le budget dépendra de ces concertations, de la définition d'un niveau d'ambition pour l'armée et d'une vision sur les opérations" à l'étranger, a-t-il affirmé. (belga)


