Le FDF veut lier les écoles francophones de la périphérie au réseau libre
Le FDF a demandé mardi au gouvernement de la Communauté française d'intégrer les écoles communales francophones des communes à facilités de la périphérie de Bruxelles dans le réseau de l'enseignement libre francophone via une asbl dépendant de la Communauté française.
Solution durablePour le Front Démocratique des Francophones, il s'agit de la solution la plus durable sur le plan politique et juridique pour permettre le maintien de l'inspection pédagogique dans le cadre des compétences de la Communauté française.
Ce modèle existe déjà à Fourons, a indiqué le député fédéral Eric Libert entouré mardi matin de plusieurs mandataires de la périphérie faisant le point sur l'impact de la reprise en main par la Communauté flamande de l'inspection pédagogique dans ces écoles. Cette décision est intervenue par le vote surprise d'un décret, mercredi dernier au parlement flamand.
RuptureL'unique député francophone du Parlement flamand, Christian Van Eycken, en a une nouvelle fois vivement dénoncé les circonstances, mardi, parlant d'"une rupture unilatérale grave de l'équilibre institutionnel belge et d'une atteinte inadmissible au principe de loyauté fédérale".
Atteinte illégaleEvoquant de leur côté une "atteinte illégale à la spécificité de l'enseignement francophone des communes à facilités au nom du principe d'homogénéité linguistique", les bourgmestres et échevins des communes à facilités présents mardi matin ont par ailleurs plaidé pour l'introduction d'un recours en suspension du décret devant la Cour Constitutionnelle.
C'est cette piste (recours en suspension puis annulation) qu'a choisie le gouvernement de la Communauté française. Observant que le débat relève du conflit de compétences, la ministre Marie-Dominique Simonet voit dans un recours devant la Cour constitutionnelle la manière la plus adéquate de garantir une inspection en français de manière structurelle.
Nombreuses questions pratiquesLes échevins de l'Enseignement des communes de Crainhem et de Wezembeek-Oppem ont souligné que le décret soulevait de nombreuses questions très pratiques pour les élèves concernés et leurs professeurs: y a-t-il des inspecteurs qui maîtrisent suffisamment le français? Dans quelle langue seront organisées les conférences pédagogiques et les formations? Les professeurs seront-ils menacés dans leur statut? Comment les candidats-professeurs vont-ils réagir au moment des campagnes de recrutement?
Par ailleurs, les trois bourgmestres non-nommés des commune à facilités de Crainhem, Arnold d'Oreye, de Linkebeek, Damien Thiéry, et de Wezembeek-Oppem, François Van Hoobrouck, ainsi que les échevines de l'enseignement de Crainhem, de Wezembeek-Oppem et de Drogenbos présents à la conférence de presse ont une nouvelle fois demandé la suppression de la restriction à l'accès aux écoles francophones des communes à facilités en fonction du lieu de résidence des parents.
Interrogé en marge de la conférence de presse, le bourgmestre non nommé de Linkebeek, Damien Thiéry a par ailleurs annoncé l'envoi d'un courrier explicatif aux parents des 2.600 élèves des écoles concernées. (belga)