Leterme renforce les fonds contre le pillage des mines congolaises

Le ministre des Affaires étrangères, Yves Leterme (CD&V), a annoncé mardi un renforcement des moyens de la Task Force "Mineral Resources in Central Africa" (MIRECA), un groupe d'experts chargés d'aider à la définition de la politique belge en matière de lutte contre l'exploitation illégale des ressources naturelles - principalement minières - en République démocratique du Congo (RDC).
 
Poursuivre et renforcer
"J'ai non seulement décidé de poursuivre le financement de cette task force, mais aussi de l'augmenter considérablement, afin que la Belgique puisse rapidement intervenir dans les différents domaines concernés", a-t-il affirmé devant les commissions des relations extérieures de la Chambre et du Sénat lors d'un débat consacré à la situation en RDC.
 
Ce groupe de travail est composé d'une dizaine de représentants issus du monde universitaire belge, d'ONG spécialisées, du Musée royal d'Afraique centrale (MRAC), de l'Institut royal pour les relations internationales et des services publics fédéraux (SPF) Politique scientifique et Affaires étrangères. Il avait été créé en décembre 2006 par le prédécesseur de M. Leterme à la tête de la diplomatie belge, Karel De Gucht (Open Vld).
 
Définir la politique belge en la matière
Ce groupe d'experts belges est chargé d'aider à la définition de notre politique en la matière, plus particulièrement en ce qui concerne la filière minière artisanale contrairement à la filière minière de plus grande envergure, exploitation plus classique, a souligné le ministre.
Il a cité comme domaines potentiels d'intervention le soutien au "mapping" des sites miniers en RDC ou encore le soutien aux initiatives régionales concernant la certification des matières premières.
 
M. Leterme a aussi rappelé que la Belgique participe depuis février 2008 à un groupe de travail international, la "Task Force on illegal exploitation of mineral resources in the Great Lakes Region". "Nous en avons organisé la quatrième réunion cette année, le 6 octobre dernier à Bruxelles", a-t-il souligné.
 
"Diligence raisonnable"
Ce groupe s'efforce de mieux comprendre les mécanismes qui permettent aux groupes armés de profiter des minerais congolais et de chercher des pistes de solution aux problèmes qui ont trait à ce profit.
 
Le groupe de travail a plus particulièrement approfondi les aspects suivants: le mapping de la certification, la "diligence raisonnable", ou comment les entreprises acheteuses de minerais peuvent s'assurer que ces derniers n'ont pas profité à l'un ou l'autre groupe armé, et la question de la législation du commerce du minerai, a expliqué M. Leterme.
 
Plusieurs pistes
Ce groupe a recommandé d'entrer rapidement en contact avec les autorités congolaises, parfois très présentes, surtout le ministère des Mines, afin de discuter de la façon d'améliorer les capacités de contrôle et les capacités de certification et d'inventaire des mines de l'est de la RDC.
 
Plusieurs pistes intéressantes sont proposées par les Congolais, comme la création de centres de négoce, inspirée d'ailleurs d'une idée de la Task Force MIRECA, qui devraient rendre plus transparent par exemple le commerce du cuivre artisanal au Katanga.
 
Projets pilotes en Ituri et au Kivu
Les projets pilotes des centres de négoce auxquels Kinshasa pense seraient installés dans le Kivu (est) et le district de l'Ituri (nord-est) pour s'occuper essentiellement de cassitérite et d'or, a ajouté M. Leterme.
 
Il a par ailleurs assuré que plusieurs entreprises belges citées dans le dernier rapport de l'ONU sur le financement des groupes armés, datant de décembre 2008, "ont entre-temps cessé toutes leurs activités dans l'est du Congo". (belga/th)
27/10/09 22h59
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