La défense de 70 victimes de la catastrophe de Ghislenghien a demandé vendredi au tribunal correctionnel de Tournai de ne pas tenir compte du tableau indicatif des dommages et intérêts forfaitaires pour indemniser les victimes.
"A bout"
Me Jean-Paul Tieleman a également plaidé pour que le jugement civil soit directement exécutoire, nonobstant tout recours des prévenus.
"Est-ce que cela va enfin se terminer? Attend-on que l'on perde la raison? Je voudrais que cela se termine vite", a renchéri à la barre, une de ces victimes qui, brûlé dans la catastrophe, a subi des mois d'hospitalisation.
Témoin de cette exaspération des victimes, une maman, qui a perdu son fils dans l'explosion, a confié à la barre attendre avec impatience la fin du procès car elle est au "bout de ses forces".
Les assureurs proposent une indemnisation, hors judiciaire, aux 150 parties civiles les plus gravement atteintes. Les clients de Me Tieleman les refusent car elles se basent sur le tableau indicatif qu'ils estiment insuffisant et inadapté.
Evaluer
"Le pouvoir judiciaire n'est pas là pour appliquer des barèmes incontrôlables. Vous avez un pouvoir d'appréciation absolu pour évaluer le dommage", a fait remarquer Me Tieleman à l'adresse du tribunal. Pour l'avocat, les montants proposés sont trop bas. "Vingt-cinq euros par jour d'incapacité totale de travail, c'est absolument grotesque", a-t-il ajouté.
Pour Me Tieleman, le tableau indicatif n'est valable que pour de petits dommages. "Ici, nous sommes dans un dossier hors normes, avec des dommages hors normes", a relevé l'avocat.
Ce caractère hors normes implique également pour Me Tieleman que le jugement civil doit être directement exécutoire. "Nous avons ici des dommages incontestables, dans leur nature, comme dans leur hauteur", a-t-il dit citant les préjudices esthétiques "absolument hors normes" de certains blessés.
Attente interminable
"Vous rédigerez un jugement qui reconnaîtra les indemnités qui leurs reviennent et qui auraient dû être libérées depuis longtemps", a-t-il conclu, rappelant que la catastrophe s'était produite il y a exactement 5 ans et 3 mois.
D'autres parties civiles plaideront lundi et mardi. (belga/acx)


