Les négociations sur le volet social du plan de restructuration de l'armée proposé par le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), reprendront de manière informelle, mercredi, a-t-on appris mardi de source syndicale, deux jours après une manifestation nationale pour protester contre ce projet.
Le directeur des ressources humaines au cabinet du ministre, Philippe Thilly, rencontrera les quatre organisations représentatives - la CGSP, la CSC-Services Publics, le SLFP et la Centrale générale du Personnel militaire (CGPM, apolitique) - mercredi à 12h00 à Neder Over-Heembeek, a indiqué Patrick Descy, de la CGSP Défense, à l'agence Belga.
Ces pourparlers ne pourront toutefois être qu'"informels", a-t-il souligné en rappelant que le statut syndical à l'armée avait été cassé en juillet dernier par le Conseil d'Etat. Le front commun syndical, formé des trois syndicats traditionnels, à l'exception de la CGPM, avait quitté la table des négociations le 30 octobre, faute d'avoir obtenu des réponses à ses questions au sujet du fond structurel du dossier et appelé à une manifestation nationale. Celle-ci a rassemblé dimanche entre 1.675 personnes (selon la police) et 6.000 (selon les organisateurs).
Quelque 2.000 personnes avaient aussi manifesté samedi à Arlon contre la fermeture annoncée de la caserne de Bastogne et la réduction prévue des effectifs militaires à Arlon, avec des mutations à la clé. Les manifestations de militaires - qui n'ont pas le droit de grève - sont plutôt rares, la dernière remontant à 1998, sans compter une "journée des gamelles vides" le 6 juin 2002.
En dépit de cette mobilisation, M. De Crem (CD&V) a affirmé à plusieurs reprises ces derniers jours que son plan ne serait pas revu.
"La mobilité fait partie intégrante de la carrière militaire. Pour moi, il ne s'agit pas d'un argument", a-t-il ainsi souligné lundi sur la RTBF-radio. "Le plan, établi par le chef de la Défense (le général Charles-Henri Delcour, NDLR), 500 personnes concernées et moi-même, suit une note d'orientation et n'a donc pas été pris brutalement, a-t-il ajouté, en réponse aux critiques du PS.
Le ministre a assuré qu'il ferait aux syndicats des propositions très concrètes sur le volet social de son plan - comme la définition d'un plan de carrière individuel -, mais en se refusant à reconsidérer la fermeture de casernes. Le "plan De Crem", révélé début octobre, comprend une réduction des effectifs de l'armée à 34.000 personnes - contre près de 38.000 en cette fin 2009 - et la fermeture de 23 installations militaires avant la fin de la législature, en juin 2011. (belga/mb)


