Luca Falzone a été condamné à quatre ans et six mois de prison avec un sursis de cinq ans pour ce qui excède la détention préventive par la cour d'assises du Hainaut.
L'accusé qui avait tiré sur l'ex-amant de sa mère, le 20 septembre 2003 à La Louvière, avait été reconnu coupable, mercredi, du meurtre de Salvatore Falzone avec l'excuse de la provocation.
Salvatore Falzone entretenait une relation amoureuse depuis cinq ans avec Carmelina T., la mère de Luca Falzone. La relation entre les amants était houleuse et les désaccords terminaient régulièrement en violences physiques. Carmelina T. avait mis fin à leur liaison, ponctuée de ruptures et de reprises incessantes, le jour des faits.
Mais la victime était venue la harceler à son domicile. L'accusé, voyant sa mère empoignée par Salvatore Falzone avait ordonné à celui-ci de quitter les lieux. Devant son refus d'obtempérer, il avait saisi une arme en le menaçant et avait tiré, à cinq reprises, les yeux fermés, en direction de son beau-père qui se dirigeait, menaçant, vers lui.
Parmi les cinq projectiles, deux d'entre eux qui avaient touché les organes vitaux, avaient entraîné la mort de la victime dans les minutes suivant l'impact.
La chambre du conseil, le procureur du roi et le procureur général du roi, avaient estimé qu'il y avait provocation. Au final, la chambre des mises en accusation, après les différents appels de la partie civile, avait renvoyé le dossier aux assises car elle estimait que la provocation était discutable. Le ministère public avait requis une peine de cinq ans d'emprisonnement avec sursis.
Pour rappel, bien qu'ayant le même nom de famille, Luca et Salvatore Falzone n'avaient aucun lien de parenté. Carmelina T. avait a plusieurs reprises mis fin à leur relation, mais Salvatore Falzone la harcelait.
L'entente entre les amants s'était rapidement dégradée et le couple en venait régulièrement aux mains. Chassée de l'appartement par Salvatore Falzone, la famille s'était installée dans un studio à La Louvière. Malgré la séparation, Salvatore Falzone harcelait Carmelina T.
Le 06 décembre 2001, Salvatore Falzone a tenté d'étouffer son ex-maîtresse avec un coussin et, après avoir essayé de la défigurer avec un couteau, lui a planté l'arme dans la cuisse.
Il lui avait été interdit, suite à cette affaire, d'approcher la famille.
Mais les amants ont fini par s'engager dans une nouvelle relation, émaillée de ruptures et de violences. La famille a alors emménagé à Maurage. Le 19 septembre 2003, vers 23h00, Salvatore Falzone a débarqué à l'appartement de son ex-maîtresse. La discussion s'est envenimée. Selon ses dires, l'accusé voulait calmer la situation mais l'ex-amant s'en est violemment pris à sa mère. Paniqué, le jeune homme s'est emparé de sa carabine et l'a menacé, sans résultat. Effrayé, Luca Falzone a alors tiré.
La victime, d'après les légistes, a été atteinte à cinq reprises, dont deux alors qu'elle était face à l'accusé à une distance rapprochée de 1,5 mètre. L'expert conclut à une mort rapide et confirme la présence de métabolites de cocaïne et de cannabis dans les prélèvements de la victime.
Dans un premier temps, Carmelina T., s'est accusée de l'homicide pour protéger son fils. L'expert psychiatre a souligné la cohérence du comportement de l'accusé par rapport à l'animosité du couple de sa mère. Néanmoins, l'immaturité et le manque d'aptitude à gérer les conflits peuvent précipiter une réaction dangereuse conséquente à un emportement.


