Bruno Tobback
Dans le débat sur la courte déclaration gouvernementale lue mercredi par le Premier ministre Yves Leterme, les partis de la majorité ont souligné vendredi l'importance de la stabilité politique et de la poursuite de la politique économique et sociale.
L'institutionnel a toutefois été omniprésent et sur ce thème les partis de la majorité disent qu'il faut négocier et rechercher une solution au dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Observations
Le chef de groupe MR, Daniel Bacquelaine, a résumé cette situation.
"Votre retour semble coïncider, en apparence, avec celui des questions institutionnelles. Cette coïncidence amène deux observations. La première est que le retour de l'institutionnel ne doit pas porter préjudice aux priorités socio-économiques. La seconde est que nous attendons que vous exerciez pleinement votre rôle de premier ministre pour faire advenir un Etat au sein duquel toutes les communautés, et donc toutes les minorités, se sentiront chez elle", a-t-il dit.
M. Bacquelaine a été ensuite très précis dans quelques affirmations bien pesées. Il a rappelé que l'Union européenne et le Conseil de l'Europe ont dit maintes fois l'importance de la protection des minorités. "La structure institutionnelle de la Belgique en fédération n'enlève rien à cette exigence. Les droits fondamentaux ne se bradent pas et ne se monnaient pas", a-t-il noté.
Pas d'équilibre sans BHV
Et de rappeler que la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) fait partie intégrante d'accords historiques qui englobent la délimitation de la Région bruxelloise à son territoire actuel. "Cette situation historique résulte d'un donnant-donnant. La question de BHV est donc indissociable d'une équilibre plus global, qu'il conviendra de préserver".
"Il faut, a-t-il insisté, une solution équilibrée et négociée. Nous souhaitons que cette approche soit également partagée par l'ensemble des composantes de la majorité".
De toute son intervention, M. Bacquelaine n'a pas cité une seule fois le nom de l'ancien Premier Jean-Luc Dehaene, désigné comme commissaire chargé de déminer l'institutionnel.
Le CD&V salue, le sp.a ironise
Avant lui, le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten, s'y était par contre attardé après avoir affirmé la volonté de son parti de négocier. Il a souligné les qualités de M. Dehaene et le fait qu'il a accepté la mission qui lui a été confiée. "Ceux qui veulent le bien du pays doivent donner toutes ses chances à sa mission", a-t-il dit.
Sur le même thème, le chef de groupe sp.a, Bruno Tobback, a rappelé que son parti ne se sentira pas tenu par un accord sur BHV intervenu au sein de la majorité. Quant à la mission de M. Dehaene, il a ironisé en disant que celui-ci réalisait enfin son rêve: diriger le pays sans devoir se justifier devant le parlement.
Pour Jan Jambon (N-VA), le fait que la déclaration parle d'une actualisation de nos institutions signifie clairement que le gouvernement et donc les partis flamands qui en font partie ont abandonné l'idée d'une grande réforme de l'Etat. A propos de BHV, il s'est contenté de dire qu'il fallait voter la proposition de loi et qu'il n'y avait aucune raison de négocier. (belga/acx)


