L'ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, Howard W. Gutman, a assuré mercredi tôt "faire confiance" aux dirigeants belges pour décider d'un éventuel envoi de renforts en Afghanistan, après l'annonce par le président américain Barack Obama du déploiement accéléré de 30.000 soldats supplémentaires dans ce pays, pour une période limitée dans le temps.
"Je leur fais confiance", a affirmé M. Gutman à propos des dirigeants belges, en citant le Premier ministre Yves Leterme et les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Pieter De Crem et Steven Vanackere.
L'ambassadeur était interrogé sur d'éventuelles démarches entreprises en direction du gouvernement fédéral afin d'accroître sa présence militaire en Afghanistan - qui est actuellement de l'ordre de 600 hommes et femmes, sur les 112.000 soldats étrangers déployés, au sein de la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN et de la coalition sous commandement américain de l'opération "Enduring Freedom" ("Liberté immuable"), qui a renversé le régime des talibans fin 2001.
Terrorisme
M. Gutman a plutôt appelé la Belgique à prendre ses responsablités, soulignant que des villes comme Mons ou Anvers n'étaient pas à l'abri de possibles attaques terroristes, comme celles commises à New York en septembre 2001, à Londres en juillet 2005 ou à Mumbay (Bombay, Inde) l'an dernier par des sympathisants du réseau Al-Qaïda.
Il a ainsi repris à son compte le propos de M. Obama, qui a souligné que "l'Afghanistan n'est pas perdu" mais que la menace d'Al-Qaïda persistait pour justifier l'"intérêt national vital" d'envoyer 30.000 militaires américains supplémentaires.
L'Afghanistan et le Pakistan sont "l'épicentre de l'extrémisme violent d'Al-Qaïda. C'est de là que nous avons été attaqués le 11-Septembre et c'est là que se préparent de nouveaux attentats à l'heure où je vous parle", a ainsi déclaré le président américain.
Coalition
M. Obama n'a pas explictement précisé quelles contributions les Etats-Unis souhaitaient obtenir de leurs alliés, mais le chiffre de 5.000 à 10.000 soldats non-américains supplémentaires est fréquemment cité.
"Ce fardeau n'est pas seulement le nôtre. Ce n'est pas seulement la guerre de l'Amérique. (...) Parce qu'il s'agit d'un effort international, j'ai demandé à ce que les alliés s'associent par des contributions à notre engagement. Certains ont déjà fourni des troupes supplémentaires et nous sommes convaincus qu'il y aura d'autres contributions dans les jours et les semaines à venir", a dit le président américain à deux jours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Bruxelles.
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui sera vendredi à Bruxelles, a appelé la semaine dernière ses homologues en France, Pologne, au Canada, en Italie, en Norvège, aux Pays-Bas, en Espagne, en Turquie, en Grèce, en Allemagne, au Royaume-Uni, au Danemark et en Corée du Sud.
"La cause est juste", a assuré M. Gutman - un avocat démocrate visiblement grand admirateur de son "commandant en chef" - pour justifier la décision du président Obama d'envoyer ces renforts pour faire face à une "urgence". (belga/ca)


