"Le carton d'invitation de la Flanders House est subliminal"
La Flanders House de New York n'a pas fini de faire parler d'elle. Le "coup" du carton d'invitation représentant une Belgique sans Wallonie, assimilée aux Pays-Bas avec Bruxelles au niveau d'Anvers avait déclenché moult remous politiques avant Noël; c'est aujourd'hui Rudy Demotte qui s'insurge. Pour lui, le carton flamand est un lapsus.
Le ministre-président wallon Rudy Demotte assimile le dessin figurant sur le carton d'invitation de la Flanders House à New York à un "lapsus linguae" révélateur d'un discours seriné en Flandre depuis de nombreuses années, a-t-il expliqué lundi en Commission du parlement wallon en réponse à des questions de Jean-Luc Crucke (MR) et Jean-Claude Maene (PS).
Grief et inquiétudeLe 7 décembre a eu lieu une réception organisée conjointement par l'Office flamand du tourisme et son équivalent néerlandais. Sur le carton d'invitation, figurait une carte des Pays-Bas et de la Flandre. La Wallonie paraissait quant à elle fondue dans la France et Bruxelles était situé à hauteur d'Anvers.
"J'ai été très heurté", a confié M. Demotte. Selon lui, derrière cette carte, "il y a un subliminal" qui pollue le débat politique en Belgique. "Il montre qu'une communauté ne peut plus croire dans la sincérité de l'autre. Je ne suis pas désillusionné. Je suis pragmatique et j'en tire un constat", a-t-il ajouté. Et d'inviter la Flandre, demandeuse d'une réforme de l'Etat, à des propos plus mesurés. Le sort réservé à Bruxelles l'inquiète également. Cette représentation traduit à ses yeux la volonté de phagocyter une Région à part entière.
DéfianceLe ministre-président des gouvernements wallon et de la Communauté française a pris note des déclarations du ministre flamand du Tourisme, Geert Bourgeois, qui a qualifié cette représentation d'erreur matérielle. Le 23 décembre, il a toutefois écrit à son collègue Kris Peeters pour lui faire part de sa surprise. "Sans chercher à attiser une stérile polémique communautaire, je pense que cet incident et les réactions qu'il a suscitées rappellent, une nouvelle fois l'importance qu'il y a à redoubler de prudence dans un contexte où la loyauté fédérale est souvent mise à rude épreuve, entretenant une défiance réciproque entre Flamands, Wallons et Bruxellois", a-t-il souligné dans ce courrier.
Désillusion"Wallon échaudé craint l'eau froide", a répliqué M. Crucke. Selon lui, une telle initiative ne va pas faciliter le dialogue communautaire. "Je ne crois plus à la bonté d'âme de la Flandre à l'égard de la Wallonie mais j'ai une mémoire. Nous ne sommes manifestement pas pressés dans le débat communautaire et cela ne va pas nous donner une raison de l'être davantage", a-t-il fait remarquer.
M. Maene a invité la Région flamande à présenter des excuses après l'erreur qu'elle a commise. Il y voit une façon pour elle de se grandir. (belga/acx)