Sécurité à Bruxelles: appel à un projet de ville

Des universitaires invitent le monde politique à appréhender la question de la sécurité à Bruxelles sous l'angle d'un "projet de ville axé sur la notion de bien-être", dans une note que le ministre de la Justice Stefaan De Clerck propose de déposer comme outil de base à la mise sur pied d'une Conférence sur la sécurité.
 
"Projet de ville axé sur la notion de bien-être"
Cette idée de Conférence, qui serait organisée avec la Région bruxelloise et les bourgmestres des 19 communes, est également défendue par la ministre de l'Intérieur Annemie Turtelboom.
 
ULB, VUB et Université de Gand
Mercredi, en Commission mixte de l'Intérieur et de la Justice de la Chambre, M. De Clerck a proposé comme point de départ à cette Conférence une note de synthèse publiée en janvier 2009 pour la revue scientifique électronique pour la recherche sur Bruxelles, "Brussels Studies", par trois chercheurs, Christophe Mincke, des Facultés Saint-Louis, Sybille Smeets, de l'ULB et Els Enhus, de la VUB et de l'Université de Gand.
 
"La situation bruxelloise en termes de sécurité est stable"
Cette note remet en perspective la situation vécue en Région bruxelloise en matière de sécurité. "Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la situation bruxelloise en termes de sécurité est stable", écrivent les trois chercheurs, soulignant que "si les faits délictueux sont plutôt fréquents, ils sont d'une gravité relative: 57% des délits rapportés sont des vols et extorsions, tandis que seuls 7% sont des atteintes à l'intégrité physique".
 
Problèmes de coordination, de cohérence et de recrutement
Parmi les difficultés soulevées par les universitaires figurent l'absence d'instrument d'évaluation permettant "un aperçu fin de la localisation des problèmes de sécurité", un problème de "coordination et de cohérence des diverses actions menées" d'une part et de "recrutement policier" d'autre part, celui-ci se faisant majoritairement en dehors de la Région-capitale et donc au mépris des connaissances de terrain.
 
Prendre en compte les "équilibres communaux, régionaux, voire nationaux"
Parmi les pistes politiques retenues, ils appellent à la mise sur pied d'un "véritable projet de ville axé sur la notion de bien-être". Et ils estiment que "des équilibres communaux, régionaux, voire nationaux doivent être pris en compte" pour mener l'action publique à Bruxelles.

"Absence d'instrument d'évaluation"
Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont répété en Commission que des concertations étaient en cours avec la police et la justice après une série d'incidents importants qui se sont déroulés ces dernières semaines à Bruxelles et au sujet desquels ils ont fait le point mercredi en cabinet restreint.
 
Landuyt constate que "rien n'a été décidé [...] rien ne change"

"J'ai compris que rien n'a été décidé au cabinet restreint et que rien ne change dans la politique de sécurité", a réagi Renaat Landuyt (sp.a). "M. Landuyt n'a pas tout à fait tort", a précisé Xavier Baeselen (MR), inquiet du signal donné à la population en matière d'exécution des peines. Un tiers des prisonniers sont en détention préventive, occupant potentiellement la place de condamnés. En cas de "procédure accélérée", il faut pouvoir s'assurer que le condamné exécutera sa peine, a-t-il prévenu.
 
La détention préventive occupe un tiers des cellules

Bart Somers (Open Vld) a pour sa part visé les "potentats locaux" qui selon lui s'accrochent, à Bruxelles, à leur zone de police, refusant une fusion qu'appellent de leurs voeux les partis flamands. Il a demandé que le gouvernement envoie un "signal clair" au bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans qui avait qualifié de fait divers un hold-up avec tirs à la kalachnikov contre un policier samedi dernier. Il s'est aussi interrogé sur "l'attitude" qu'entendait prendre le ministre la Justice vis-à-vis des magistrats rechignant à appliquer la "tolérance zéro".
 
Lalieux se réjouit du retour de la concertation
Karine Lalieux (PS) s'est réjouie de constater que la concertation avait repris ses droits après un certain nombre de "dérapages communautaires" dans la presse et une inflation de "slogans" dans les revendications politiques, à la suite des faits graves qui se sont déroulés dans la capitale. Clotilde Nyssens (cdH) a relayé la demande des acteurs judiciaires bruxellois d'organiser un "audit de la chaîne pénale".
 
Dérogation aux exigences liguistiques
Olivier Maingain (FDF) a affiché sa satisfaction après que la ministre de l'Intérieur lui eut confirmé le dépôt d'une nouvelle demande de régime transitoire dérogeant à certaines exigences linguistiques pour le recrutement de policiers bruxellois. Saisie par la N-VA, la Cour constitutionnelle a rejeté le précédent régime transitoire. La ministre a dit espérer que les derniers événements qui s'étaient déroulés à Bruxelles permettraient peut-être de mieux justifier le caractère transitoire de la mesure.
 
Ecolo insiste sur la prévention

Les Verts ont assuré le gouvernement qu'ils mèneront une opposition constructive dans la réflexion sur le thème de la sécurité à Bruxelles. Muriel Gerkens (Ecolo) a rappelé l'importance de la prévention. Ce volet est financé par le fédéral à hauteur de 16 millions d'euros, a indiqué Mme Turtelboom. (belga/th)
03/02/10 23h23
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