"Nous avons les trois institutions européennes et l'OTAN. Elles utilisent toutes nos infrastructures, nos routes, elles ne veulent pas d'embouteillages et une police qui fonctionne. Mais elles ne remboursent jamais ce qu'elles nous coûtent. Ce n'est pas honnête".
Dans une entrevue publiée par le quotidien allemand Die Welt, le bourgmestre de Bruxelles-ville, Freddy Thielemans, reproche aux autorités européennes à Bruxelles de n'avoir jamais pris d'initiative ou répondu à ses propositions de collaboration en matière de sécurité. Il propose pour sa part la création d'un point de contact policier avec les institutions européennes.
Crise, immigration, élargissement de l'Europe
M. Thielemans estime que la ville n'est pas spécialement touchée par l'insécurité. Ce problème existe partout, créé par la crise, l'immigration, l'élargissement de l'Europe. Au passage, il souligne que les accusations de mauvais fonctionnement de la police bruxelloise viennent toujours de Flandre.
Propositions concrètes mais "je n'ai jamais reçu de réponse"
"J'ai fait des propositions concrètes au président du parlement européen Jerzy Buzek concernant la sécurité à Bruxelles mais je n'ai jamais reçu de réponse", regrette-t-il, précisant qu'il fera d'autres tentatives. Il dit aussi ne pas comprendre que ni le parlement, ni la Commission n'aient pris jusqu'ici aucune initiative dans ce domaine, alors que lui l'a fait. Il déplore aussi le manque d'intérêt de la majorité des parlementaires européens pour la ville et ses habitants.
Une solution pour que l'Europe participe au financement
Quant au point de contact, il permettrait par exemple à un officier supérieur de police de se rendre deux ou trois fois par semaine au parlement européen pour organiser une collaboration avec les services de sécurité du parlement. Evoquant les 700 manifestations ayant lieu annuellement à Bruxelles, dont une grande partie concerne l'Europe ou l'OTAN, le bourgmestre dit vouloir trouver une solution avec le parlement européen pour que l'Europe participe au financement du maintien de l'ordre.
36 Sommets européens ont été tenus à Bruxelles depuis 2001
Freddy Thielemans rappelle également que 36 Sommets européens ont été tenus à Bruxelles depuis 2001 et que cela n'est pas financièrement tenable pour la ville, même si ces événements engendrent des retombées économiques indirectes.
"Ce n'est pas honnête"
Il fait encore remarquer qu'un million de personnes travaillant à Bruxelles n'y paient pas leurs impôts. "Nous avons les trois institutions européennes et l'OTAN. Elles utilisent toutes nos infrastructures, nos routes, elles ne veulent pas d'embouteillages et une police qui fonctionne. Mais elles ne remboursent jamais ce qu'elles nous coûtent. Ce n'est pas honnête", a encore confié M. Thielemans au Welt. (belga/th)


