Le port du voile par une enseignante contredit la neutralité
Le réseau d'actions pour la promotion d'un Etat laïque (RAPPEL) a fait part vendredi soir de sa "stupéfaction" par rapport à l'arrêt rendu par la cour d'appel de Mons et autorisant une enseignante de Charleroi à donner cours voilée.
"De toute évidence, le port du voile par une enseignante -tout comme celui d'une kippa, d'un crucifix apparent ou d'un t-shirt à l'effigie d'un parti politique- témoigne en faveur d'un système philosophique ou politique particulier et contredit donc l'esprit du décret neutralité" de 2003 relatif à l'enseignement officiel subventionné, estime le RAPPEL.
Le RAPPEL, dont l'initiatrice est Nadia Geerts, évoque également "le risque d'estompement de la norme introduit par cet arrêt, qui semble considérer que la neutralité des enseignants n'est pas menacée par l'expression, au sein même de leur établissement scolaire, de leurs convictions religieuses".
Le réseau d'actions pour la promotion d'un Etat laïque estime encore qu'en donnant cours voilée, "l'enseignante proclame, à l'exact opposé du l'esprit du décret neutralité, qu'elle est musulmane avant que d'être enseignante".
"A l'évidence, une brèche s'est ouverte par ce jugement, brèche dans laquelle ne manqueront pas de s'engouffrer ceux pour qui les prescrits religieux jouissent par essence d'un surcroît de respectabilité, menaçant par là une mission fondamentale de l'école, qui est la préservation de ce qui est l'intérêt de tous, et non de l'intérêt de quelques-uns", conclut l'association. (belga)