La défense de Michel Letiexhe a plaidé mercredi, devant la Cour d'assises de Liège, son acquittement. Alors que le médecin affirme qu'il n'a pas tué deux dames âgées par injection fatale d'insuline, son avocat a brandi le spectre de l'erreur judiciaire et a soutenu que son client n'avait aucun intérêt à commettre les deux assassinats qui lui sont reprochés.
L'avocat du Dr Letiexhe a soutenu que son client devra être acquitté par les jurés de la Cour d'assises. Me Mayence a souligné que deux images résument aux yeux de l'opinion publique le dossier à ce stade de la procédure: soit Michel Letiexhe est innocent, soit il est un assassin. Son client parait parfois irritant et insensible. Mais l'avocat affirme que c'est une image tronquée. Le Dr Letiexhe, scientifique, donne réponse à tout et se bat depuis trois ans en détention préventive car il a envie de montrer son innocence.
Me Mayence a brandi le spectre de l'erreur judiciaire quand il évoque la destinée de son client. Il affirme que les jurés n'ont pas le droit de se tromper et qu'ils doivent être en paix avec leur conscience.
"L'erreur judiciaire est rare mais ne se fait que dans des dossiers comme celui-ci", a soutenu l'avocat. "On a amené l'affaire Letiexhe sur la pente des affaires criminelles qui seront ratées si les jurés ne font pas preuve de l'objectivité essentielle."
Selon la défense, les accusations qui ont été lancées contre le Dr Letiexhe sont issues de la volonté de vengeance de son ex-épouse. Il s'agit d'un complot organisé contre lui. L'avocat estime que le couple était entraîné dans un processus de séparation qui s'était bien déroulé jusqu'au 19 novembre 2005. Marie Vossen avait alors été prise en adultère. Dès cet instant, réalisant qu'elle allait tout perdre, elle a ruminé sa vengeance et déchaîné sa haine contre son ex-mari, selon l'avocat.
Me Mayence affirme que Marie Vossen a mis au point une stratégie pour enregistrer des aveux de Michel Letiexhe avec la complicité de son amant. Elle voulait exercer un chantage et se ménager dans le divorce et a agi par appât du gain et par vengeance, estime-t-il. Le conseil du principal accusé affirme que jamais Marie Vossen ne s'était confiée sur les faits supposés avant la date d'enregistrement de cette cassette, alors qu'elle était déjà en conflit avec son mari.
"Si Michel Letiexhe avait réellement réalisé ce qu'il révèle sur ces supposés aveux, il n'aurait pas poursuivi la procédure de divorce", a annoncé Me Mayence. "L'enregistrement, qui reste le seul élément contre lui, n'est pas suffisant pour le condamner. Car Marie Vossen a utilisé le procédé du chantage pour amener le discours qui y est entendu."
La défense a également affirmé que Michel Letiexhe n'avait aucun intérêt à vouloir la mort des deux victimes. Avant 2001, il habitait dans une maison intégralement payée, était père de deux enfants, avait une femme qu'il aimait et jouissait d'une clientèle en plein essor.
Il n'avait donc aucun intérêt à prendre le risque de briser sa situation pour assurer un héritage qui devait revenir à sa femme. Pour Me Mayence, le procès du Dr Letiexhe est un mauvais procès emmanché sur des convictions dénuées de crédibilité. (belga)


