Les quatorze suspects qui ont été interpellés vendredi dans le cadre de l'enquête sur un plan d'évasion du Tunisien Nizar Trabelsi, condamné pour terrorisme, ont tous été relaxés, a-t-on appris samedi matin auprès du parquet fédéral.
L'enquête se poursuit néanmoins, a précisé Lieve Pellens, porte-parole du parquet fédéral, qui rappelle que le juge d'instruction ne doit pas motiver les raisons pour lesquelles il ne décerne pas de mandat d'arrêt. "D'après l'enquête, il existait suffisamment d'indices d'existence d'une menace terroriste, raison pour laquelle nous n'avons pas hésité à faire appréhender les suspects", a-t-elle assuré.
Selon Mme Pellens, l'absence de mandats d'arrêt et la relaxe générale ne constituent pas une surprise. Le juge d'instruction décerne un mandat d'arrêt s'il existe des indices sérieux de culpabilité, s'il s'agit d'un fait punissable d'un emprisonnement d'au moins un an et si la détention est absolument nécessaire pour la sécurité publique. Ces conditions, qui sont cumulatives, semblent donc n'avoir pas été réunies dans le cas des 14 suspects.
Pourtant, les autorités policières, judiciaires et même politiques avaient pris très au sérieux l'annonce de l'opération policière de vendredi, au cours de laquelle 15 perquisitions avaient été menées, débouchant sur des saisies de documents et de matériel informatique. Ni armes ni explosifs n'avaient été trouvés. Le centre de crise de l'Intérieur avait réagi en demandant aux services de police une surveillance accrue, et des mesures de sécurité renforcées ont été annoncées jusqu'au 2 janvier.
Le premier ministre Guy Verhofstadt avait même fait état de cette menace terroriste dans sa déclaration gouvernementale lue vendredi après-midi devant le parlement. Parmi les suspects interpellés figurait la veuve d'un des assassins du commandant Massoud, la Belge Malika el-Aroud, impliquée en Belgique dans plusieurs dossiers de soutien au terrorisme mais condamnée seulement en Suisse.
Sécurité de mise
Malgré la relaxe de tous les suspects, les mesures de sécurité accrues concernant la menace terroriste restent de mise, a-t-on appris auprès de la cellule de crise du ministère de l'Intérieur. Les autorités avaient indiqué vendredi que l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) disposait d'éléments selon lesquels un attentat "pourrait être en cours de préparation" en Belgique.
C'est la raison pour laquelle les services de police ont été appelés à exercer une surveillance accrue sur les lieux publics, particulièrement à Bruxelles. Cette surveillance accrue, en vigueur jusqu'au 2 janvier, reste de mise, même si les mesures seront modifiées en fonction des informations que fournira la justice à la cellule de crise.


