Un ex-échevin poursuivi pour détention de pédopornographie

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Par: rédaction
22/11/10 - 12h40
© photo news.

Richard Biefnot, ancien échevin socialiste montois, comparaissait lundi devant le tribunal correctionnel de Mons, présidé par Sophie Devreux, pour détention et diffusion d'images à caractère pédopornographique entre janvier 2007 et janvier 2009.

7.000 utilisateurs
Le dossier part d'une enquête qui se déroule en Pologne dans un dossier relatif à la diffusion d'images et vidéos pédopornographiques. L'enquête menée par Europol avait permis de mettre au jour plus de 7.000 utilisateurs. Les autorités polonaises avaient transmis les adresses des consommateurs aux pays concernés.

Une quarantaine de clients avaient été identifiés en Belgique. Parmi eux, Richard Biefnot, inculpé en mai 2009 et laissé en liberté à la condition de suivre un traitement thérapeutique, jugé plus adéquat qu'une détention préventive.

Système de cryptage
Les perquisitions menées chez l'ancien député fédéral et régional montois avait permis la saisie de 230 vidéos et plus de 1.000 images pédopornographiques contenues dans des disques durs externes. Une série de programmes de cryptage permettant de camoufler et effacer toutes les traces des téléchargements des dossiers compromettants avaient également été découverts.

La majorité des fichiers mettent en scène des enfants âgés de 5 à 10 ans. Des dossiers intitulés 'Top' ou 'Superbes' regroupaient des images plus hard avec notamment des enfants de 2 ans.

"Ce que j'ai fait est innommable"
Selon Richard Biefnot, des revers au niveau professionnel, familial et des ennuis de santé l'ont emmené dans un désoeuvrement qui ont entraîné un intérêt toujours plus marqué vers internet puis vers une addiction aux sites pédopornographiques. "Toute ma vie j'ai essayé d'être quelqu'un de bien. Ce que j'ai fait est innommable. Je me suis enfoncé dans une dépression et au lieu de prendre des médicaments je me suis refermé sur moi-même", a déclaré le prévenu, en ajoutant qu'internet était une porte ouverte sur le virtuel.

Jean-Philippe Mayence, conseil du prévenu, a demandé le bénéfice de la suspension du prononcé. "Les expertises psychiatriques démontrent un faible risque de récidive", a plaidé l'avocat, en précisant que le suivi thérapeutique entamé par son client se révélait plus adapté qu'une peine d'emprisonnement.

Sensibilisé au problème
Pour le procureur du Roi, Vincent Baert, qui a requis 10 mois d'incarcération avec sursis, le volume important d'images et l'extrême jeunesse des enfants établissent la gravité des faits. "En 1997, Richard Biefnot a participé à l'élaboration de la loi visant à réprimer la détention et la diffusion d'images à caractère pédopornographique. Le prévenu était donc particulièrement sensibilisé au problème", a précisé Vincent Baert.

Michèle Hirsch, avocate pour Child Focus, qui s'est constitué partie civile, a souligné que le détenteur de matériel pédopornographique participait au commerce lucratif de ce marché. "Derrière chaque image, il y a un enfant qui souffre", a déclaré l'avocate, en ajoutant que sans les consommateurs, il n'y aurait pas de viol d'enfants.
Le jugement sera prononcé le 20 décembre. (belga)

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