Pour leur première sortie en commun, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Karel De Gucht et Pieter De Crem, ont fait preuve d'une belle unanimité sur la question du Kosovo, affirmant tous deux que le gouvernement était en mesure de reconnaître l'indépendance de cette province du sud de la Serbie, si Pristina se déclare indépendant dans les prochaines semaines.
"Le gouvernement est un gouvernement de plein droit, il peut reconnaître l'indépendance (du Kosovo) quand le problème se posera", a déclaré M. De Gucht (Open VLD) au cours d'une visite aux troupes belges déployées au Kosovo, en compagnie de son nouveau collègue de la Défense, Pieter De Crem (CD&V).
"Je soutiens la position de mon collègue", a renchéri M. De Crem, alors que la déclaration gouvernementale prononcée le 21 décembre par le Premier ministre Guy Verhofstadt est muette sur ce sujet et que les Vingt-sept de l'Union européenne sont encore divisés sur la reconnaissance, sans doute conditionnelle, d'un nouvel Etat kosovar.
M. De Crem a fait observer, devant quelques journalistes, que le gouvernement Verhofstadt III avait presque obtenu la majorité de deux tiers lors du vote d'investiture, dimanche dernier à la Chambre.
"La notion de gouvernement intérimaire n'existe pas dans la Constitution", a ajouté M. De Crem, en approuvant les propos du chef de la diplomatie belge.
Tous deux ont également souhaité que l'Union européenne parvienne à une position commune sur la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, qui ne devrait pas être proclamée avant le début février, après l'élection présidentielle prévue en Serbie, selon des diplomates.
Cette manifestation d'unité intervient au lendemain de la publication d'une interview de M. De Gucht publiée par le journal De Morgen et dans laquelle il évoquait les "contradictions politiques" inhérentes au gouvernement intérimaire et exprimait sa crainte de voir les libéraux et les socialistes passer leur temps à se bloquer mutuellement.
Une semaine après l'installation du gouvernement intérimaire Verhofstadt III, M. De Gucht tirait aussi à boulets rouges sur le CD&V, son allié de la N-VA et le chef de file des sociaux-chrétiens, Yves Leterme. "Leur plus grosse prestation a été de bloquer le pays après six mois", avait-il dit. (belga)


