Un banal chargement de batterie est à l'origine de cette dramatique issue.
La cour d'assises du Brabant wallon jugera, à partir de lundi, Jean-Luc De Clerq (54 ans), un vétérinaire d'origine belge installé en France qui devra répondre du meurtre de Rudi Craps (38 ans). Les faits se sont déroulés à Wavre, à la veille de la Saint-Sylvestre 2007 et trouvent leur origine dans une altercation entre automobilistes.
Le 30 décembre 2007, Jean-Luc De Clercq était en visite chez sa mère, avenue Ruisseau du Godru à Wavre. Il avait fait le déplacement d'Arnay-le-Duc, en Bourgogne, pour assister à un repas familial. Le vétérinaire avait consommé de l'alcool. En début de soirée, son beau-frère, en quittant les lieux, n'avait pas réussi à démarrer sa voiture. Jean-Luc De Clercq, disposant de câbles, l'avait aidé à procéder au dépannage. Son frère avait aussi déplacé son véhicule sur la rue pour cette opération. Jean-Luc De Clercq avait de plus stationné son véhicule à côté des deux autres. La disposition des véhicules pouvait alors gêner la circulation.
Peu après 19h30, un autre automobiliste est arrivé dans le quartier résidentiel. Il s'agissait de Rudi Craps, accompagné de son épouse. Le couple venait récupérer son fils chez ses grands-parents. Gêné par les véhicules, Rudi Craps aurait proféré des insultes auxquelles Jean-Luc De Clercq a répondu. Rudi Craps a alors garé son véhicule un peu plus loin pour venir à la rencontre de Jean-Luc De Clercq. Même si les versions ont varié, il ressort que Jean-Luc De Clercq a ressenti une menace aussi bien pour lui que pour ses proches. Il a craint que l'homme ne soit armé. Au cours de l'altercation, Jean-Luc De Clercq est allé prendre le revolver Smith et Wesson qu'il cachait dans sa voiture.
Un premier coup a été tiré en l'air. Le vétérinaire a expliqué avoir montré l'arme à Rudi Craps. Ce dernier aurait rebroussé chemin, mais serait revenu après que De Clercq lui ait lancé des insultes. Le vétérinaire a expliqué avoir entendu "attention, il est armé". Un deuxième coup a été tiré au sol pour viser les jambes. Un troisième tir a eu lieu en direction du bras de Rudi Craps. Jean-Luc De Clercq a déclaré qu'il voulait alors blesser son protagoniste qu'il pensait armé. Un quatrième coup, mortel, a atteint Rudi Craps au visage alors que les deux hommes étaient presque au corps-à-corps. Le vétérinaire a avancé que ce coup serait parti involontairement. L'expertise balistique a toutefois conclu que le tir accidentel était "quasi impossible".
Jean-Luc De Clercq a alors tenté de réanimer Rudi Craps. A l'arrivée de la police sur les lieux, il se livrera spontanément. Le vétérinaire expliquera, lors de l'enquête, la possession non déclarée de l'arme utilisée par des motifs de sécurité liés à sa profession. D'une part, car il estimait être une cible pour des toxicomanes en raison du fait qu'il lui arrivait de transporter des produits pharmaceutiques. D'autre part, en raison de menaces à la suite de rivalités avec d'autres vétérinaires.
L'expertise toxicologique a mis en évidence une intoxication alcoolique sévère chez Rudi Craps et une estimation d'alcoolémie de 1,10g/litre de sang chez Jean-Luc De Clercq. Au terme de plusieurs mois de prison préventive, le vétérinaire a été libéré le 30 juillet 2008, moyennant le paiement d'une caution de 5.000 euros. Il sera défendu par Me Jean- Philippe Mayence. (belga)


