Le tribunal correctionnel de Tournai a condamné Philippe S., ouvrier communal cominois unijambiste, à une peine de dix ans de prison pour des abus sexuels envers sa nièce et sa belle-fille.
Le tribunal a pris en compte notamment la période infractionnelle (15 ans) et le chantage affectif exercé sur les enfants. L'homme utilisait des objets sexuels pour satisfaire ses pulsions.
Agé d'une cinquantaine d'années, Philippe S. était poursuivi pour des faits de pédophilie contre sa nièce, née en 1983, qu'il aurait mis en enceinte à l'âge de 12 ans, et sa belle-fille, née en 1986. Les deux victimes étaient mineures à l'époque des faits. Il était aussi poursuivi pour attentat à la pudeur sur son neveu, né en 1984.
Le ministère public a requis son arrestation immédiate. "Il y a un risque certain de fuite car il a épousé une Marocaine qui vit au Maroc et les époux désirent vivre ensemble", a déclaré Dominique Decaluwé, substitut du procureur du roi de Tournai. Le tribunal a accédé à cette requête.
L'homme, amputé à l'âge de 4 ans à la suite d'un accident, profitait de son handicap pour exercer un chantage affectif sur les deux mineures. Il avait abusé d'elles à plusieurs reprises.
Le prévenu aurait même mis enceinte sa nièce à l'âge de 12 ans et il l'avait incitée à se débarrasser du foetus qui fut enterré dans le bois de Kemmel. Il a nié ces faits.
Les viols se sont répétés durant les années suivantes et se sont poursuivis alors que sa nièce était devenue majeure. Sa belle-fille, quant à elle, a été victime de ce prédateur sexuel entre ses 6 et 14 ans.
Les séquelles psychologiques des jeunes filles sont graves. L'une allait même jusqu'à s'occasionner de graves brûlures sur la peau. Issue d'une famille religieuse, cette jeune fille avait été envoyée dans un couvent à Bruges où elle a confié ses lourds secrets. Une religieuse a alors confronté la victime à son bourreau en présence de la famille et celui-ci a avoué les faits.
Dans un premier temps, la victime avait souhaité ne pas ébruiter son calvaire mais des courriers à caractère sexuel envoyés par son bourreau ont incité sa famille à déposer une plainte à la police. L'autre jeune fille a alors confié qu'elle aussi avait été abusée par le prévenu qui n'a jamais été incarcéré.
Une fois sa peine terminée, il sera mis à disposition du gouvernement durant cinq ans car les risques de récidive sont moyens. (belga)
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