On ne referme pas le dossier bis de l'affaire Dutroux

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Par: rédaction
7/01/08 - 11h30
MISE À JOUR
Le juge Langlois va devoir interroger les experts sur l'utilité de poursuivre les analyses. Aucun délai n'a été fixé pour réaliser les nouveaux devoirs.

La chambre des mises en accusation de Liège a ordonné ce lundi au juge d'instruction Jacques Langlois d'effectuer des nouveaux devoirs dans le dossier Dutroux "bis". Elle n'a cependant pas ordonné formellement de nouvelles analyses mais bien des devoirs plus techniques. Le juge va devoir interroger les experts sur l'utilité de poursuivre les analyses. De leur avis dépendra la suite à donner au dossier.

Profils génétiques
La chambre des mises en accusation a également ordonné au juge de vérifier si les profils génétiques extraits figurent bien dans la banque de données ADN instituée par une loi entrée en vigueur le 30 mars 2002. Le juge Langlois a l'obligation d'effectuer ces devoirs.

Quelques dizaines de pages
Le dossier Dutroux "bis", qui ne comporte que quelques dizaines de feuilles, a été ouvert dans la foulée de la clôture de l'instruction du dossier Dutroux pour permettre l'examen d'éventuels faits ou de dossiers inconnus qui n'auraient pas été jugés par la cour d'assises d'Arlon.

Analyses négligées
Ce dossier a cependant divisé les autorités judiciaires. Le procureur du Roi de Neufchateau, maintenant devenu substitut, Michel Bourlet, souhaitait notamment que soit versées à ce dossier 86bis les analyses des quelques 6.000 cheveux retrouvées dans les habitations de Dutroux, ainsi que des microtraces. Ces analyses n'ont jamais été effectuées complètement. Le juge d'instruction chestrolais Jacques Langlois estimait pour sa part que ce devoir d'enquête ne devait pas être réalisé car il n'apporterait pas d'élément neuf et était trop coûteux.

Réaction de Bourlet
Le 23 novembre 2004, après avoir entendu le juge, la chambre des mises en accusation de Liège avait suivi le juge Langlois et ordonné la fin de l'instruction du dossier bis. En juin 2005, Michel Bourlet avait répondu en envoyant un rapport au parquet général de Liège, dans lequel il recommandait la poursuite des analyses.

Rejet de Langlois
Fin septembre 2005, le parquet général avait estimé que des devoirs d'enquête complémentaires mais limités devaient être réalisés. Le juge Langlois n'a cependant pas souhaité suivre l'injonction du parquet général et a confirmé, en juin dernier, qu'il ne réaliserait pas ces devoirs.

Devoirs complémentaires réclamés
Le parquet général a interjeté appel de la décision et le dossier a été examiné par la chambre des mises en accusation. Dans son réquisitoire, l'avocat général Jean-Baptiste Andries a de nouveau réclamé des devoirs complémentaires limités. Selon lui, le dossier ne pouvait pas être refermé sans que ces devoirs ne soient effectués.

Rapport des experts
La chambre des mises en accusation lui a donné raison ce lundi et a ordonné au juge Langlois d'effectuer des devoirs. La cour veut savoir sur quels éléments le juge se base pour affirmer que les analyses n'apporteraient aucun élément neuf. Elle demande donc au juge de faire établir un rapport par les experts.

Banque de données ADN
La cour demande également au juge de vérifier si les profils génétiques sont bien inscrits dans la banque de données ADN. Celle-ci est en effet entrée en vigueur en mars 2002, soit après la collecte des profils. L'INCC (Institut national de criminalistique et de criminologie) devra donc vérifier que les profils extraits y figurent et confirmer que les résultats sont négatifs, ou les y inscrire et analyser les résultats.

La chambre des mises en accusation n'a fixé aucun délai au juge Langlois pour réaliser ces devoirs. (belga)

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