La cour d'appel de Mons a confirmé mardi matin le jugement du tribunal correctionnel de Charleroi qui avait condamné Laurent Vernassières à huit ans de prison pour coups et blessures ayant entraîné, en 2007, la mort de Yannick Amba Bongelo, 17 ans, sans intention de la donner.
La cour n'a pas suivi le ministère public dans son réquisitoire et a estimé que l'intention d'homicide ne devait pas être retenue. L'avocat général, Paul Van Derstraeten, avait requis le renvoi du dossier en cour d'assises et pointé dans son réquisitoire le caractère vindicatif du prévenu et la véritable mise à mort de l'adolescent.
"Laurent Vernassières l'a lâchement attaqué de dos alors qu'il luttait déjà pour sa survie". Selon lui, ni la provocation ni la contrainte irrésistible ne pouvaient être invoqués dans ce dossier, Yannick étant acculé par tout un groupe. Les termes racistes et la vantardise du prévenu avant et après le crime avaient également été pointés.
Un "enchaînement malheureux"
Me Jocelyne Hordies, conseil du prévenu, avait une toute autre lecture du dossier. Pour l'avocate, son client avait agit sous le coup du stress et de la peur et n'avait aucune résolution criminelle. Il s'agissait, selon l'avocate, d'un enchaînement malheureux de circonstances.
Les faits s'étaient déroulés le 28 février 2007 lors du carnaval de Binche. Deux bandes, l'une venant de Braine-le-Comte, dont faisait partie Yannick Amba-Bongelo, l'autre de Péronnes-lez-Binche, à laquelle appartenait Laurent Vernassière, avaient commencé à se quereller.
La bande de Braine avait pris la fuite mais Yannick avait chuté et avait été rattrapé par ses adversaires. Huit d'entre eux l'avaient tabassé pendant que les autres les encourageaient.
Laurent Vernassières qui avait quitté les lieux de la bagarre pour s'emparer d'une arme blanche était ensuite revenu poignarder le jeune au sol. Laurent Vernassières avait effectué quatre mois de prison préventive avant d'être remis en liberté en juillet 2007. (belga)


