A l'occasion du sixième anniversaire du centre de détention américain de la base de Guantanamo à Cuba, la Ligue des Droits de l'homme et la fédération internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH) enjoignent la Belgique et les autres gouvernements de l'Union européenne à accueillir des détenus innocentés de Guantanamo.
La campagne pour la relocalisation des détenus de Guantanamo innocentés en Europe a été lancée vendredi matin à l'occasion d'une conférence de presse. Aujourd'hui plus de 300 hommes seraient encore détenus dans ce centre de détention américain basé à Cuba. "Bien que nombreux d'entre eux aient été innocentés et libérés, ils continuent à croupir dans les geôles de la base tout simplement parce qu'ils n'ont nulle part où aller", explique le vice-président de la FIDH, Dan Van Raemdonck.
Ces anciens détenus seraient en effet persécutés et torturés s'ils retournaient dans leur pays d'origine. "Malgré cela, les Etats-Unis leur refusent l'asile: certains détenus innocentés ont été renvoyés de force dans des pays où l'on sait que sont commises de graves violations des droits de l'homme", note le vice-président. Une cinquantaine de détenus seraient aujourd'hui dans cette situation.
Le Parlement européen a récemment adopté une résolution dans laquelle il appelle les pays membres de l'Union européenne à accueillir les détenus qui craignent d'être soumis à la torture dans leur pays d'origine. Dans ce contexte, la FIDH et la Ligue des Droits de l'Homme estiment que la Belgique a un rôle à jouer dans l'accueil de ces ex-détenus.
"Nous voulons que tous les pays de l'Union européenne, dont la Belgique, prennent leurs responsabilités et accueillent, ne fût-ce que temporairement, ces détenus parce que dans les Etats de droit européens, au contraire des Etats-Unis, il est interdit d'extrader une personne vers un pays où elle risque d'éventuels traitements cruels", souligne la présidente de la commission justice de la Ligue des Droits de l'Homme, Olivia Venet.
Déclarant le 11 janvier "Journée internationale d'action pour la fermeture de Guantanamo", le FIDH manifestera cet après-midi devant la Cour suprême américaine, à Washington, pour demander le respect du droit international et du droit américain. "La situation à Guantanamo a des répercussions dans toutes les régions du monde: elle instaure un précédent grave qui encourage d'autres Etats à justifier les atteintes aux droits civils et politiques et aux droits de l'homme en général, au nom de la lutte contre le début", explique Dan Van Raemdonck.
L'association de défense des droits de l'homme Amnesty International organise également vendredi une action mondiale contre le centre de détention américain Guantanamo. Enchaînés et vêtus d'une combinaison orange, les militants d'Amnesty se rassembleront à 15h à la Place de la Liberté et se dirigeront vers l'ambassade américaine à Bruxelles pour exiger la fermeture du centre de détention américain de Guantanamo. (belga)


