Une trentaine d'activistes d'Amnesty International se sont rassemblés vendredi et ont marché vers l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles. L'association de défense des droits de l'homme exige la fermeture du centre de détention américain de Guantanamo Bay à Cuba.
L'action symbolique, très médiatisée, a eu pour point de départ la Place de la Liberté, à Bruxelles. Une trentaine d'activistes d'Amnesty, enchaînés et habillés de combinaisons oranges, en référence aux uniformes de détention à Guantanamo, ont marché vers l'ambassade des Etats-Unis.
Une délégation de parlementaires belges précédait le cortège. Ils ont été reçus à l'ambassade avec les représentants d'Amnesty où ils ont soutenu les exigences de l'association de défense des droits de l'homme. "Au travers de cette action, nous voulons attirer l'attention sur le centre de détention de Guantanamo", a expliqué Jan Brocatus, directeur d'Amnesty International Vlaanderen. "Six ans, c'est trop pour un tel centre de détention sans règles", a-t-il poursuivi.
Les premiers prisonniers sont arrivés à Guantanamo le 11 janvier 2002, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. "Depuis, des centaines de prisonniers y ont été détenus, mais un seul a été jugé", note Jan Brocatus."Le degré de civilisation d'un pays se mesure aussi à la manière dont il traite ses prisonniers. Les règles de droit doivent être respectées, même envers les coupables", selon le directeur.
"Les Etats-Unis sont l'exemple de ce qui ne doit pas être fait.
"Guantanamo doit fermer, mais il ne faut pas pour autant oublier les autres méfaits des USA", a ajouté Lore Van Welden, porte-parole d'Amnesty. Les "renditions" constituent à ses yeux un autre problème. Il s'agit de transferts de détenus entre les prisons secrètes de différents pays. "Il y a peu, des personnes portées disparues depuis longtemps sont arrivées à Guantanamo", d'après la porte-parole. Amnesty aurait par ailleurs connaissance du cas d'au moins 38 personnes détenues par les services de renseignements américains de la CIA au sujet desquelles aucune information n'est communiquée, pas même le lieu de détention.
Quatre-vingt-cinq parlementaires belges ont signé les demandes d'Amnesty, qui menait une action mondiale vendredi. Plus de 1.200 parlementaires à travers le monde ont ainsi signé les revendications de l'organisation. (belga)


