Parveen Zahida, mère de Sadia, a prononcé cette phrase peu avant la mort de sa fille.
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A la troisième semaine du procès des quatre membres de la famille Sheikh, accusés de l'assassinat de Sadia Sheikh avec la circonstance aggravante qu'il s'agit d'un crime d'honneur et de tentative de mariage forcé, les parties civiles ont entamé les plaidoiries. La jeune femme a été abattue pas son frère Mudusar Sheikh, le 22 octobre 2007 au domicile familial à Lodelinsart (Charleroi).
A travers la chronologie des faits, Me Marc Preumont, représentant de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes qui s'est porté partie civile, a établi la succession d'événements dans lesquels chacun des membres de la famille a assumé un rôle déterminant qui ont amené à la mise à mort de Sadia.
Solution finale
"Quand les parents ont constaté que ni le chantage affectif, ni les menaces ni les intimidations, n'avaient pu vaincre les résistances de Sadia concernant le mariage, ils sont passés à la solution finale: la mort de leur fille", a expliqué l'avocat. Il a rappelé les paroles de Parveen, la mère de Sadia, la veille des faits: "Je préfère que Sadia se suicide ou qu'elle meure, plutôt qu'elle soit mariée à un non musulman".
Pour Me Preumont, chaque acte a été posé pour que Mudusar soit le seul responsable de la mort de Sadia. C'est le héros qui devait sauver l'honneur de la famille. Sariya était son assistante et regagnait ainsi la légitimité dans la famille. Le fait que Sariya soit blessée a été le grain de sable qui a enrayé la machine. "Sans les parents, ni Mudusar ni Sariya n'auraient été si loin", a affirmé Me Preumont.
Des versions changeantes
L'avocat est revenu sur ce qui, selon lui, est caractéristique dans les discours de la famille Sheikh: leurs déclarations qui s'adaptent aux éléments probants tout au long de l'instruction. "Dès qu'on les met face au miroir de la vérité, ils changent de version. Systématiquement, ils esquivent, dévient, tentent de s'accorder", a estimé l'avocat qui a mis en exergue le fait que la mort de Sadia résultait d'une entente familiale concertée.
Me France Blanmailland a plaidé la non légalité du mariage par webcam, tant au Pakistan qu'en Belgique, ainsi que les caractéristiques qui correspondent à celle d'un mariage forcé. A savoir, le rôle de justicier que s'arroge l'auteur du crime, la valorisation de l'éducation et des valeurs familiales, l'attitude de la communauté, même tacite, et la violence dirigée vers la femme. (belga)


