André Flahaut s'est dit satisfait que son successeur - et vieil ennemi politique -, Pieter De Crem, ait "rétabli certaines vérités".
L'ancien ministre de la Défense, André Flahaut (PS), s'est dit mercredi satisfait que son successeur - et vieil ennemi politique -, Pieter De Crem (CD&V), ait "rétabli certaines vérités", comme la paternité du Service d'utilité collective imaginé par le gouvernement Verhofstadt II.
M. De Crem "a rétabli des vérités sur une série de choses importantes", a affirmé M. Flahaut à l'issue d'une réunion de la commission de la Défense de la Chambre où, pour la première fois depuis huit ans, les rôles étaient inversés après l'arrivée de l'ancien chef de groupe CD&V à la tête du ministère.
Durant les deux dernières législatures, M. De Crem a, depuis les bancs de l'opposition, mené la vie dure au ministre socialiste, dénonçant régulièrement sa gestion du département, son "clientélisme" et l'octroi - ensuite annulé - d'un titre de docteur honoris causa de l'Ecole royale militaire (ERM) au président congolais Joseph Kabila, allant jusqu'à réclamer la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur l'Hôpital militaire.
Dès le lendemain de sa prestation de serment comme ministre, le 21 décembre, M. De Crem avait proposé d'instaurer un service militaire sur base volontaire, provoquant une réaction courroucée de son prédécesseur, qui l'avait traité de "con ne connaissant rien au dossier". M. Flahaut, élu député PS le 10 juin dernier, avait expliqué que la création d'un Service volontaire d'utilité collective (SUC) avait été imaginé en mai 2006, après le meurtre de Joe Van Holsbeeck, et que seul un texte manquait pour le mettre en application.
La proposition de loi créant ce SUC avait été adoptée en avril dernier par la Chambre, après que le Conseil des ministres eut donné en mars son accord de principe pour l'appliquer au sein du département de la Défense. M. De Crem a quelque peu explicité mercredi son projet en commission, le liant notamment aux difficultés de recrutement que rencontre l'armée. "Je n'en revendique pas la paternité", a-t-il dit, tout en rappelant qu'un service militaire volontaire avait été déjà imaginé lors de la suspension du service militaire en 1993, alors qu'il travaillait au cabinet du ministre de la Défense de l'époque, Leo Delcroix.
Il a aussi annoncé mercredi sa volonté que le centre des grands brûlés de l'Hôpital militaire "reste un centre de référence" pour le traitement de ces pathologies. "Cela fait plaisir à entendre", a commenté M. Flahaut en sortant de la commission, qui s'est déroulée sans éclats de voix. "J'aime quand on rétablit des vérités", a ajouté le député socialiste en parlant de "revirement" de son successeur au sein du gouvernement intérimaire auquel le PS est associé. (belga)


