Mme Toussaint, la "gorge profonde" hutoise, virée de l'USC par contumace

sauvegarder
Par: rédaction
16/01/08 - 19h47
Anne-Marie Lizin n'a pas fini de faire parler d'elle, et son avocat risque d'avoir fort à faire. MISE À JOUR
Micheline Toussaint, la "gorge profonde" hutoise.

L'union socialiste communale (USC) de Huy a décidé d'évincer Micheline Toussaint (échevine PS du personnel) de son assemblée, a indiqué mercredi la RTBF.

La décision a été prise lors d'une réunion tardive improvisée mardi soir par les membres de l'USC de Huy, apprend-t-on de la principale intéressée Micheline Toussaint. "J'ai appris que l'USC s'est réunie dans la soirée de mardi et a demandé un vote qui doit motiver mon éviction sur base des positions que j'ai prises ces dernières semaines", explique Micheline Toussaint. "C'est affolant de se dire que cette décision a été prise en l'absence de la personne concernée. Je suis membre de l'USC depuis les années '60 et je n'ai même pas été avertie de cette réunion", poursuit Micheline Toussaint qui ne comprend pas les raisons de cet évincement voté par les membres de l'USC alors qu'elle n'a pas pu se défendre, souligne-t-elle.

"Si cette décision est prise par rapport à mon comportement, celui qui a consisté à dire la vérité, elle est incompréhensible. Pour qu'un membre soit contraint de quitter l'USC, il faut qu'il y ait eu une faute grave. Cette personne doit aussi normalement avoir l'occasion de s'expliquer. Cela n'a pas été mon cas. Le matin de la réunion, j'ai eu mon président au téléphone, il ne m'a pas parlé de cette réunion", conclut Micheline Toussaint, qui assure "rester socialiste" et dit avoir déjà reçu le soutien d'autres USC.

Quant au président de l'USC André Nervenne, il demeure bien entendu injoignable. Après la révélation de l'affaire des tracts électoraux du PS, Micheline Toussaint est allée consulter certains listings du personnel de la ville de Huy. Elle avait ensuite indiqué que des employés avaient, durant leurs heures de travail, bel et bien distribué des tracts électoraux au profit du PS.

L'affaire est loin d'être close
Il semble donc que Mme Toussaint doive aujourd'hui payer son crime de lèse-majesté en étant exclue de l'USC sans autre forme de procès. L'attitude du clan Lizin à Huy soulève quelques questions. Pourquoi réagir de manière si expéditive sans entendre l'intéressée si celle-ci a effectivement commis une faute grave? D'autres têtes vont-elles tomber, préfigurant une purge stalinienne au sein de la commune? Pourquoi les gros bonnets du PS ne réagissent-ils pas à cette affaire qui nuit clairement à leur parti? Quel sera le prochain journaliste assigné en justice par l'avocat de Mme Lizin pour avoir fait son travail?

La Région tente-t-elle d'étouffer l'affaire, et sinon, pourquoi n'agit-elle pas en toute transparence, en permettant à des responsables de tous les partis démocratiques d'unir leurs forces pour faire toute la lumière sur cette affaire symptomatique du "mal wallon"? Qui croit encore que les membres d'un même parti peuvent juger du caractère éthique ou non des méthodes de leurs camarades? La volonté politique de rendre une image de gestion saine à l'ensemble de la région et de ses communes existe-t-elle? Les clichés entourant la culture politique wallonne vont-ils être justifiés ou battus en brêche?

Toutes ces questions sont légitimes, quelles que soient les réponses qui y sont apportées. Le mal, ou le bien, se situe au niveau de la réponse, et non de la question, surtout lorsque poser des questions constitue la profession de ceux qui les posent. Anne-Marie Lizin a probablement déclenché l'effet contraire de celui attendu en s'en prenant à un journaliste (Patrick Remacle de la RTBF), car il n'y a rien de plus suspect que de tenter de faire taire un journaliste. C'est également le meilleur moyen de susciter l'intérêt de l'ensemble de la profession.

Espérons que cette affaire aura pour mérite de sortir la Wallonie de l'apathie dont elle fait preuve face aux hypothétiques scandales politiques de ses dirigeants de toutes sensibilités politiques. Il s'agit peut-être là d'une occasion en or donnée aux Wallons de prouver à leurs responsables politiques qu'ils ne sont plus prêts à leur accorder leur confiance aveuglément. Pour Anne-Marie Lizin, c'est peut-être aussi l'occasion rêvée de prouver que la suspicion croissante causée
par ses méthodes politiques est sans fondement. Mais il faudra en tout cas faire preuve de plus de transparence pour restaurer la confiance mise à mal, à juste titre ou non. Car le mal est fait!

Thomas Halter avec Belga

Votre avis nous intéresse!