Culpabilité requise contre Murat Seven pour l'assassinat de sa soeur

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Par: rédaction
17/01/08 - 11h06

La Cour d'assises de Liège a poursuivi jeudi avec le réquisitoire de l'avocat général Olivier Warnon le procès de Murat Seven, un Fléronnais de 25 ans, accusé de l'assassinat de sa soeur. Le ministère public a réclamé la culpabilité de l'accusé sur des faits d'assassinat mais a écarté la possibilité d'un crime d'honneur.

Les faits reprochés à Murat Seven s'étaient déroulés le 21 janvier 2005 dans l'appartement de la victime situé dans le centre de Liège. L'accusé avait abattu sa soeur âgée de 25 ans parce qu'il désapprouvait un style de vie qu'il jugeait déshonorant. En l'absence de partie civile au procès, c'est l'avocat général qui a donné quelques éléments de personnalité de la victime.

Pas de doute
"Jülide Seven a été décrite comme une fille jolie et amoureuse, a expliqué Olivier Warnon. Elle cherchait son indépendance en menant une vie à l'européenne et la vie s'offrait à elle. Elle a aussi touché à la drogue et la vie l'a contrainte à se livrer à la prostitution. Mais rien ne la prédestinait à perdre la vie sous un coup de feu tiré par son propre frère". Pour l'avocat général Olivier Warnon, il n'y a pas la moindre place au doute quant à la culpabilité à attribuer à Murat Seven. Dès le départ, il s'est accusé d'avoir commis un meurtre sur sa propre soeur.

Il s'est dénoncé spontanément à la police de Fléron et a répété la même version tout au long de la soirée devant les magistrats, les policiers et les experts. "J'ai visé la tête, c'est là que je voulais que la balle entre", avait précisé Murat Seven. Ses déclarations n'ont pas varié durant 20 jours. Il a toujours reconnu avoir commis un meurtre. Il s'est brusquement rétracté le 10 février pour ensuite livrer différentes versions pour se disculper de ses propres aveux.

Le ministère public a aussi manifesté son étonnement face à la version de l'accident présentée par Murat Seven. Car Murat Seven a fait feu à très courte distance. Immédiatement après les faits, il s'est penché sur le corps de sa soeur pour l'embrasser mais il n'a pas tenté le moindre geste pour lui porter assistance.

Eléments
L'avocat général estime que ces versions formulées par Murat Seven pour se disculper sont grotesques et constituent un acte lâche. Il a relevé différents éléments qui confirment que Murat Seven a commis les faits avec préméditation. L'accusé avait acheté 3 ans plus tôt une arme en Turquie et s'était exercé au tir. Le jour des faits, il avait chargé d'une balle le canon de son pistolet. Il a tiré froidement et brutalement, par derrière. Enfin, il a lié son geste au mode de vie de sa soeur qui ne correspondait pas à son idéal. Selon l'accusation, tout cela démontre l'attitude d'un homme qui avait préparé son coup.

Abordant la notion de "crime d'honneur", l'avocat général Olivier Warnon a relevé que c'est Murat Seven qui a donné lui-même cette qualification aux faits lorsqu'il s'est livré, en expliquant qu'il avait tué sa soeur pour des raisons culturelles et religieuses. "Selon les sources les plus documentées, un crime d'honneur consiste à sacrifier une femme parce qu'on estime qu'elle a porté atteinte à l'honneur de la famille, a ajouté l'avocat général. Celle qui est considérée comme fautive sera supprimée pour laver l'honneur de la famille. Mais la décision doit être prise par le noyau familial."

L'avocat général a cependant terminé son intervention en précisant que rien ne permet de soupçonner que les membres de la famille ont réclamé un crime d'honneur. Pour diverses motivations, l'accusation a demandé aux jurés d'écarter cette notion lors de leur délibération. C'est par égoïsme, par irritation, par jalousie et poussé par des idées liées à sa conception personnelle de la femme que Murat aurait commis son geste.

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