L'Ordre des barreaux francophones et germanophone (OBFG) considère à deux jours de l'entrée en vigueur de la loi Salduz - permettant l'assistance d'un avocat dès le premier interrogatoire - que "tout a été fait pour être prêt". Il reconnaît toutefois que "le système ne sera pas parfait dès dimanche". Un mode d'emploi a été adressé jeudi aux avocats. Un call center national permettant à la police de connaître en permanence la liste des avocats disponibles est en cours de test.
L'OBFG explique qu'après avoir interpellé le gouvernement durant plusieurs mois sur les futurs nouveaux droits des personnes interpellées découlant de l'arrêt Salduz, les différents acteurs doivent à présent avancer "à pas de géants". Le financement du call center, en préparation depuis deux mois et demi, n'a été débloqué qu'il y a quinze jours. Une liste d'avocats volontaires a été dressée pour plusieurs semaines. Une évaluation du système sera réalisée en principe trois mois après l'entrée en vigueur de la loi. "On ne peut pas garantir qu'il n'y aura aucun problème. Il y en aura. Mais tout a été mis en oeuvre pour que cela se passe bien", déclare le président de l'OBFG, Robert De Baerdemaeker.
Un mode d'emploi pour les avocats a été réalisé par les deux ordres des barreaux belges. Si l'OBFG estime que les policiers seront confrontés à une nouvelle culture, les avocats devront eux faire preuve de psychologie pour assurer un climat serein. Alors que certains avocats refusent d'endosser un rôle de "potiche", l'OBFG estime au contraire utile la présence d'avocats lors d'interrogatoire même s'ils ne pourront intervenir directement. Les avocats pourront aussi s'entretenir pendant une demi-heure avec leur client.
En fonction de la configuration des commissariats du Royaume et des circonstances entourant les interpellations de suspects, l'OBFG admet que des problèmes portant "notamment sur la sécurité des avocats" pourraient survenir. Il se montre toutefois confiant, soulignant la volonté "pragmatique" des différents acteurs d'aboutir, dont celle de la nouvelle ministre de la Justice, Annemie Turtelboom. L'ordre des barreaux flamands se dit lui aussi prêt. (belga)


