Le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael a souligné jeudi, à la Chambre, que tant qu'il n'y aura pas de nouvelles règles, il appliquera la loi telle qu'elle existe en matière d'asile.
"Nous sommes actuellement dans une période transitoire", a dit le ministre. La loi a été adaptée dans les derniers mois du précédent gouvernement. Tant qu'il n'y aura pas de nouvelle loi, il entend appliquer la législation telle qu'elle existe. Par ailleurs, il a rappelé qu'un accord était intervenu en faveur d'une immigration économique encadrée lors des négociations pour la formation d'un gouvernement orange-bleu qui n'ont finalement pas abouti. Pour lui, cela reste une solution.
Patrick Dewael a été interrogé jeudi à la Chambre dans le cadre d'un mini-débat sur la situation des sans-papiers. Les représentants du PS, du cdH et d'Ecolo, Linda Musin, Clothilde Nyssens et Zoé Genot, ont plaidé pour un moratoire des expulsions en attendant la mise au point de critères objectifs.Le ministre a répondu qu'il appliquait la loi telle qu'elle existe. Il reste opposé à tout nouvelle opération de régularisation collective. Quant aux décisions individuelles, elles se font en tenant compte de critères précis, a-t-il dit.
Entrent en ligne de compte la durée de séjour, des problèmes de santé du demandeur d'asile ou la situation humanitaire de celui-ci.
"Il est faux comme certains l'affirment qu'il faut faire la grève de la faim pour obtenir une régularisation. J'ai régularisé la situation de 11.630 personnes en 2005, de 10.207 en 2006 et de 11.335 en 2007. Elles n'ont pas toutes fait la grève de la faim, ou alors cela m'a échappé", a dit le ministre.
Patrick Dewael a rappelé que les dispositions légales actuellement en application ont toujours été adoptées à une large majorité. "Si ceux qui ont voté à l'époque en faveur veulent maintenant se donner bonne conscience en m'interpellant, cela ne me dérange pas", a-t-il ironisé en s'adressant aux socialistes.Il a aussi appelé chacun à ne pas se laisser influence par des considérations sur des cas individuels de personnes mais d'envisager la question sereinement dans son ensemble.
Lors des répliques, le chef de groupe MR Daniel Bacquelaine a soutenu la position du ministre. L'intervention de Patrick Dewael a été applaudie sur les bancs MR et Open Vld et modérément sur ceux du CD&V.


