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MISE À JOUR Le parlement wallon a approuvé mercredi, majorité contre opposition, le projet de décret qui modifie le Code Wallon du Logement. Le débat, dans la matinée, a été marqué par quelques tensions dans la majorité, singulièrement entre le PS et Ecolo.
Les partenaires de coalition d'Ecolo au sein de l'Olivier n'ont pas fait preuve mercredi du même enthousiasme que le ministre wallon du Logement, Jean-Marc Nollet, a propos de sa réforme du Code wallon qui régit la matière. Le ton est d'ailleurs monté entre les Verts et les socialistes au cours du débat en séance plénière.
Avec quels moyens?
Il y a un mois, en Commission du parlement wallon, M. Nollet avait parlé de la plus grande réforme qu'ait jamais connu le secteur du logement public. Mercredi, PS et cdH, se sont montrés beaucoup plus modestes et parfois critiques.
"Cette réforme est-elle suffisante? Non. Elle ne révolutionnera pas le secteur ou du moins pas comme nous le souhaitons", a lancé le député Pierre Tachenion (PS). Fruit d'un compromis, elle ne constitue aux yeux des socialistes qu'un pas supplémentaire dans un vaste chantier commencé sous la précédente législature.
Le PS regrette que le secteur n'ait pas été suffisamment entendu malgré la vaste consultation qui a eu lieu. Il fait d'ailleurs siennes certaines des critiques formulées par l'Union des villes et communes. Il s'interroge aussi sur les moyens dont disposera le ministre pour mener à bien le vaste de chantier de construction et d'aménagement de nouveaux logements qu'il a annoncés.
"Un projet qui s'inscrit dans les actes posés sous la précédente législature sans qu'il y ait vraiment de bouleversements", a jugé Dimitri Fourny (cdH).
"Un choix fort"
Commes les socialistes, les centristes se posent plusieurs questions, notamment sur l'obligation de relogement imposée au bourgmestre si une interdiction d'occupation est prononcée pour insalubrité. "Pensez-vous réellement que le réservoir communal soit suffisant pour offrir un logement à chaque instant?", a demandé le député.
Le ton est monté deux fois lors du débat. Dans son intervention, Edmund Stoffels (PS) a longuement énuméré ses critiques et interrogations sur ce projet, au point de fâcher Isabelle Meeraeghe (Ecolo) qui y a vu une "série de procès d'intention".
"J'espère que vous ferez votre travail de parlementaire jusqu'au bout vendredi", a-t-elle ajouté, en faisant allusion aux auditions qui auront lieu dans le cadre du dossier de la Société wallonne du logement. "Elle a mordu du sable et, maintenant, elle a du sable entre les dents", a rétorqué le socialiste.
M. Nollet a rappelé de son côté les 900 millions d'euros qui seront consacrés au logement. "Le choix de l'Olivier est sans ambiguité: c'est un choix fort!", s'est-t-il exclamé, en faisant référence aux restrictions de mise partout en Europe, tandis que Mme Meeraeghe se réjouissait à l'avance du soutien dont le ministre jouirait, selon elle, dans les discussions budgétaires à venir.
L'ambiance dans la majorité a laissé le MR quelque peu sceptique sur la mise en oeuvre de la réforme. "Il n'y pas de consensus dans la majorité. Je crains donc pour la concrétisation", a observé Jean-Luc Crucke qui a répété son appel au retrait du projet de décret.
Jurbise fâche
Le cas de Jurbise a également échauffé les esprits. La députée-bourgmestre Jacqueline Galant (MR) n'entend pas accueillir de logement social dans cette commune qui pourrait dès lors être sanctionnée. Elle souhaite s'occuper de ses habitants, et non des gens d'ailleurs, en favorisant l'accès à la propriété.
Le MR a pris sa défense lors du débat, suscitant la colère du ministre qui a dénoncé une logique du "eigen volk eerst" (notre peuple d'abord, slogan du Vlaams Belang). "Si, demain, tous les bourgmestres adoptent la même attitude, comment répond-on aux 30.000 personnes qui attendent un logement en Wallonie?" a-t-il ajouté. (belga/acx)


