Le philosophe Guy Haarscher, qui modérait le débat interrompu mercredi soir par des chahuteurs islamistes, a condamné "un acte de censure pur et simple" commis selon lui par "des trublions qui se comportent comme des fascistes".
M. Haarscher espère que l'essayiste Caroline Fourest, cible du chahut, reviendra à l'ULB en dépit de sa réaction initiale de colère face à des événements dont elle dit n'être la victime "qu'en Belgique". Il note toutefois qu'"il suffit d'un groupe minoritaire pour saboter un débat", dans la mesure où "les autorités académiques ne veulent pas utiliser la violence".
M. Haarscher a balayé les arguments avancés par Souhail Chichah, l'instigateur de la manifestation, qui dit avoir été lui-même la victime d'une censure similaire lors d'une conférence récente. "Ils sont pour la liberté d'expression et ils l'entravent pour se venger. Cela n'a pas de sens", a-t-il dit.
Plus généralement, le philosophe s'inquiète du repli communautariste à l'oeuvre dans la société. "On nom de la défense de la communauté, on n'exerce plus la raison", a-t-il affirmé, jugeant cette évolution "très dangereuse pour le libre examen". (belga)


