Débat saboté à l'ULB: "Caroline Fourest pouvait s'y attendre"

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Par: rédaction
9/02/12 - 11h58

Souhail Chichah est dans l'oeil du cyclone. Celui qui est à l'origine du sabotage de la conférence de Caroline Fourest sur l'extrême droite à l'ULB "ne regrette rien" et dit se trouver au coeur d'une "hystérie raciste".

L'assistant de l'ULB, qui fait l'objet d'une instruction disciplinaire, invite l'essayiste française, à qui l'on prête des thèses islamophobes, "à revenir pour un vrai débat". "J'ai moi-même été censuré lors d'un débat. Je mets au défi l'ULB de me sanctionner alors que j'ai subi le même sort que Caroline Fourest", persiste-t-il.

Chichah va devenir "Abdellah"
Par ailleurs, ce fils d'immigré marocain vient de confirmer qu'il va changer de nom "pour ne pas exposer sa famille à un déferlement de haine". Il s'appellera désormais Souhail Abdellah, indique Le Soir. Par le passé, il avait été victime de menaces de mort et d'une agression au couteau.

L'incident déplorable, abondamment commenté dans les médias, continue de susciter la polémique. Si la méthode utilisée par Chichah pour empêcher le débat est unanimement condamnée, certains refusent de remettre en cause l'ULB, où il serait désormais impossible de débattre sereinement.

"Est-il encore possible de débattre avec Caroline Fourest?"
"Ce qu'il faut se demander plutôt, c'est de savoir s'il est encore possible de mener un débat, au sens large du terme, avec Caroline Fourest, étant donné les positions assez radicales qu'elle a prises sur l'islam. C'est quelqu'un qui a nécessairement  braqué depuis longtemps une partie de la communauté arabo-musulmane contre elle. En venant à Bruxelles, que ce soit à l'ULB ou ailleurs, dans une société multiculturelle, elle pouvait s'attendre à ce qu'il y ait des manifestations hostiles. Ce n'est pas un phénomène propre à l'ULB", analyse Jean-Jacques Jespers, professeur en journalisme à l'ULB.

Hervé Hasquin, ancien recteur de l'ULB et président du CA de l'ULB, n'est pas de cet avis. "Que des illuminés ou des intolérants se manifestent dans un débat, ce n'est pas neuf. Mais que des gens parviennent à torpiller le débat à coups de slogans, d'injures et de borborygmes, sans la moindre argumentation, c'est grave. Très grave. (...) Ce nouvel incident doit servir d'électrochoc", peste-t-il dans le Soir.

MB.

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